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Swiss Observer

Le taux de logements vacants en Suisse passe sous 1% et la pénurie s’aggrave

Le taux de logements vacants en Suisse est tombé sous la barre de 1% pour la première fois depuis 2013, mettant en évidence l’aggravation de la pénurie de logements disponibles dans tout le pays.

Le taux de logements vacants en Suisse passe sous 1% et la pénurie s’aggrave
AILe News

Au 1er juin 2026, la Suisse comptait 45 493 logements vacants, et moins d’un logement sur 100 était disponible. L’Office fédéral de la statistique a enregistré un taux national de logements vacants de 0,93%, en baisse de 0,07 point de pourcentage par rapport à l’année précédente. Il s’agit du premier taux inférieur à 1% depuis 2013 et de la sixième baisse annuelle consécutive.

La contraction est visible sur l’ensemble du marché. Le nombre de logements vacants a diminué de 2 962, soit 6,1%, en douze mois. L’offre de logements disponibles à la location a reculé encore plus rapidement, de 6,7%, laissant 34 690 logements locatifs vacants. Par ailleurs, 10 803 logements étaient proposés à la vente.

Pour les ménages à la recherche d’un logement dans des centres urbains et des bassins d’emploi où le marché est tendu, ces chiffres annoncent moins de possibilités, davantage de concurrence et une marge de négociation réduite. Les locataires qui doivent déménager pour leur travail, leur famille ou des raisons financières risquent de devoir chercher plus longtemps et de choisir parmi moins d’emplacements. L’effet dépasse les plus grandes villes suisses, puisque les taux de vacance ont diminué dans six des sept grandes régions du pays.

Le chiffre national masque de fortes différences régionales, mais il indique clairement la tendance : les logements disponibles se raréfient tandis que la demande absorbe toujours les nouvelles offres.

Les cantons se divisent sur l’offre de logements

Quinze cantons affichent désormais un taux de logements vacants inférieur à 1%, la pression étant particulièrement forte en Suisse centrale et dans la région genevoise. Zoug a enregistré le taux le plus bas du pays, à 0,20%, suivi de Genève, à 0,31%, et d’Obwald, à 0,38%. Le taux du canton de Vaud s’est établi à 0,87%, ce qui en fait le seul canton francophone, hormis Genève, à passer sous le seuil de 1%.

La pénurie est moins aiguë dans certaines régions du nord-ouest et de l’ouest. Le Jura affiche le taux de vacance le plus élevé, à 3,35%, devant Soleure, à 1,91%, le Tessin, à 1,78%, et Neuchâtel, à 1,64%. Ces chiffres n’effacent pas les tensions locales, mais ils montrent à quel point la demande de logements est inégalement répartie en Suisse.

La région zurichoise est la seule grande région à avoir enregistré une légère hausse, son taux progressant à 0,52%. Même là, le nombre de logements disponibles reste limité selon les normes nationales. Les baisses régionales les plus marquées ont été relevées en Suisse orientale, dans le nord-ouest de la Suisse et au Tessin.

Cette répartition géographique souligne le lien entre le logement et l’accès aux emplois, aux transports et aux services. Un logement peut être disponible dans un canton tout en restant peu pratique pour une personne dont le revenu dépend d’un autre canton.

Les loyers augmentent tandis que le parc abordable se réduit

Les loyers augmentent alors que les logements dont la plupart des ménages ont besoin deviennent plus difficiles à trouver. L’Office fédéral de la statistique a relevé une baisse des taux de vacance pour toutes les tailles de logements, le recul en pourcentage le plus marqué concernant les appartements de deux pièces. Cette évolution touche les personnes seules, les jeunes couples et les personnes qui s’installent dans les villes suisses pour y travailler, des groupes qui dépendent souvent de petits logements locatifs.

La structure de propriété du parc disponible évolue également. En 2023, les investisseurs institutionnels, dont les caisses de pension, les assureurs et les sociétés immobilières, détenaient environ 44% des logements locatifs, contre quelque 31% en 2000. Les bailleurs privés et les organismes sans but lucratif ont perdu des parts de marché durant la même période. Cette évolution ne permet pas à elle seule de déterminer le loyer demandé pour un logement donné, mais elle décrit un marché de plus en plus géré par de grands propriétaires professionnels.

L’Association suisse des locataires affirme que la pénurie permet à certains bailleurs d’exiger des loyers excessifs et d’enfreindre les limites légales en matière de rendement. Elle a également averti que les nouvelles constructions se concentrent souvent sur le segment cher du marché, tandis que les logements meilleur marché disparaissent peu à peu.

Pour les locataires, la mobilité a désormais un coût financier. Se rapprocher de son travail, adapter son logement à l’évolution de la taille du ménage ou quitter un appartement surpeuplé peut signifier accepter un loyer plus élevé, un trajet plus long, ou les deux.

La construction ne répond pas à la demande de logements abordables

Les nouvelles constructions ne renouvellent pas l’offre dans les segments du marché où la demande est la plus forte. Au 1er juin, 3 910 logements construits au cours des deux années précédentes étaient vacants, alors que le nombre total de logements vacants continuait de chuter fortement. Les taux de vacance ont aussi diminué pour les maisons individuelles et pour toutes les tailles de logements, signe que la pression dépasse les seuls immeubles anciens.

Cette tendance laisse penser qu’il existe un décalage entre les logements construits et les moyens financiers des ménages. L’Association suisse des locataires affirme qu’une grande partie des nouvelles constructions vise le segment cher du marché, tandis que les logements moins coûteux disparaissent. L’augmentation du parc immobilier ne soulage donc pas automatiquement les locataires qui se disputent les appartements à prix modéré.

La structure de propriété ajoute un autre facteur. Selon les chiffres cités par Le News, les bailleurs institutionnels détenaient 44% des logements locatifs en 2023, contre environ 31% en 2000. Les décisions relatives aux transformations, aux rénovations et aux loyers relèvent de plus en plus d’organisations qui gèrent de grands portefeuilles immobiliers.

Les données sur les logements vacants adressent un avertissement clair aux responsables politiques en matière d’offre. La construction doit produire des logements dans les régions où se concentrent les emplois et la demande démographique, ainsi que dans des tailles et des gammes de prix réellement accessibles aux ménages. À défaut, de nouveaux logements peuvent voir le jour alors qu’il devient toujours plus difficile de trouver un logement abordable.

Une pénurie de logements qui limite la mobilité

La prochaine étape de la crise du logement en Suisse se mesurera autant à la perte de mobilité qu’à la hausse des loyers. Le taux de logements vacants a déjà diminué de 0,79 point de pourcentage depuis 2021, et le dernier recul concerne les logements locatifs, les logements à vendre, les nouvelles constructions et les maisons individuelles. Sans un apport plus important de logements adaptés, les ménages pourraient rester dans des appartements qui ne correspondent plus à leurs besoins, parce qu’un déménagement est devenu trop coûteux ou trop incertain.

Les politiques régionales auront leur importance. Zoug, Genève et Obwald n’ont presque plus de logements disponibles, tandis que le Jura, Soleure, le Tessin et Neuchâtel affichent des taux de vacance plus élevés. Ces différences pourraient favoriser un développement plus équilibré, à condition que l’emploi, les transports et les services fassent de ces régions moins tendues des options réalistes pour les habitants et les personnes qui y travaillent.

Les statistiques nationales posent également une question concrète au secteur de la construction. Parmi les logements vacants recensés en juin, 34 690 étaient des logements locatifs, un chiffre qui représente pourtant une baisse de 6,7% sur un an. De nouveaux projets arrivent sur le marché, mais ils ne remplacent pas assez rapidement l’offre de logements abordables.

La Suisse aborde l’année à venir avec un marché du logement dont le taux de vacance est inférieur à 1% et sans signe manifeste d’un répit généralisé. La pression restera concentrée là où l’écart entre les possibilités économiques et les logements disponibles est le plus grand.