Suisse
La Suisse prévoit d’augmenter les amendes pour les cyclistes qui utilisent leur téléphone
Le gouvernement suisse veut augmenter les amendes infligées aux cyclistes qui utilisent leur téléphone en roulant, remettant l’accent sur les distractions à vélo et la sécurité routière.

En Suisse, les cyclistes qui utilisent leur téléphone pourraient bientôt devoir payer une amende supérieure à 40 francs. L’Office fédéral des routes, appelé OFROU, envisage d’augmenter l’amende pour les cyclistes qui tiennent un téléphone à l’oreille ou l’utilisent en roulant. Les autorités n’ont pas encore fixé le nouveau montant. La proposition doit d’abord passer par une procédure de consultation.
Cette initiative répond à ce que le gouvernement décrit comme un problème croissant de distraction à vélo. Selon l’article source, l’OFROU a recensé 184 accidents graves en 2025 qu’il attribue à une conduite imprudente ou distraite à vélo. L’office souhaite prendre « des mesures ciblées contre l’utilisation des smartphones et d’autres sources de distraction ».
La proposition s’appliquerait dans tout le pays, relançant un débat déjà bien connu dans les villes suisses. Les vélos et les vélos électriques partagent des rues de plus en plus encombrées avec les voitures, les trams et les piétons, tandis que les téléphones mobiles accaparent l’attention des cyclistes. Le gouvernement n’a annoncé ni calendrier pour la consultation ni montant auquel l’amende révisée pourrait être portée. Tant qu’une nouvelle règle n’est pas entrée en vigueur, l’amende actuelle liée à l’utilisation du téléphone reste de 40 francs.
Connaître les règles avant de prendre la route
La hausse proposée s’inscrirait dans un système plus large d’amendes qui encadre les déplacements quotidiens à vélo en Suisse. Les cyclistes risquent actuellement 60 francs d’amende s’ils franchissent un feu rouge, soit le même montant que pour rouler sans éclairage sur une route non éclairée. Circuler sur un trottoir peut coûter 40 francs, tandis que pénétrer dans une zone piétonne ou ne pas emprunter une piste cyclable indiquée peut entraîner une amende de 30 francs.
Les règles imposent également aux cyclistes de s’arrêter aux panneaux « Stop ». Ne pas le faire est passible d’une amende de 30 francs. Aux passages piétons, les cyclistes doivent céder le passage non seulement aux personnes déjà engagées, mais aussi aux piétons qui attendent sur le trottoir et manifestent clairement leur intention de traverser. L’amende prévue est de 40 francs.
Le droit suisse autorise à tourner à droite à certains feux rouges lorsqu’une flèche jaune accompagnée d’un symbole de vélo le permet. Les cyclistes doivent néanmoins céder le passage et ne pas mettre en danger ni gêner les voitures et les piétons. Cette exception ne permet pas de considérer les autres feux rouges comme facultatifs. Les règles limitent également l’utilisation de casques audio et d’autres appareils qui peuvent réduire l’attention portée à la circulation environnante.
Pro Velo s’oppose à la mesure
Pro Velo se prépare à contester la ligne plus stricte du gouvernement. L’organisation nationale de défense du vélo s’oppose à la hausse prévue et aux autres mesures plus sévères visant les cyclistes. Elle a promis de combattre la proposition, sans préciser pour l’instant si elle le fera par une prise de position officielle dans le cadre de la consultation, une campagne publique ou une autre forme d’opposition.
Cette résistance constitue un obstacle politique avant que les autorités ne décident du montant définitif. Le gouvernement devra expliquer en quoi une amende plus élevée améliorerait la sécurité et comment la police appliquerait la règle de manière cohérente. Les informations de l’article source ne donnent aucune répartition régionale des 184 accidents graves. Elles ne permettent donc pas de déterminer si le problème se concentre dans les grandes villes, sur les itinéraires pendulaires ou dans plusieurs cantons.
Le débat porte également sur l’application de la règle. Il peut être difficile de distinguer un cycliste qui a un téléphone collé à l’oreille d’une personne qui utilise un dispositif mains libres ou consulte un appareil autorisé pour le vélo. Une définition juridique claire et des sanctions proportionnées seront importantes si la consultation va de l’avant. L’OFROU n’a communiqué ni le montant envisagé ni les modalités détaillées d’application.
Les téléphones ne sont pas les seules sources de distraction
Les règles contre les distractions ne concernent pas uniquement les smartphones. Les recommandations suisses en matière de cyclisme mettent en garde contre les casques audio et les écouteurs, car l’écoute de contenus audio peut réduire l’attention portée à la circulation. Cette restriction répond à la même préoccupation de sécurité que la proposition de l’OFROU : les cyclistes doivent pouvoir entendre les véhicules, les sonnettes et les piétons, et réagir aux conditions changeantes de la route.
Les cyclistes doivent aussi emprunter les pistes cyclables indiquées par la signalisation et respecter le sens de circulation prescrit. Selon les règles décrites dans l’article source, rouler de front est en principe limité aux pistes cyclables. Circuler sur le trottoir reste interdit, sauf pour les enfants jusqu’à 12 ans lorsqu’il n’y a ni piste ni bande cyclable.
Les zones piétonnes sont une autre source de conflits. Certaines rues commerçantes et certains centres historiques suisses autorisent un accès limité aux véhicules, tandis que les cyclistes peuvent devoir rouler au pas ou descendre de vélo lorsque la signalisation l’impose. L’amende indiquée pour avoir circulé dans une zone piétonne est de 30 francs.
Ces règles s’ajoutent aux exigences en matière d’équipement. Les éclairages de vélo sont obligatoires la nuit et le soir, y compris sur les routes bien éclairées. Pour les vélos électriques, l’article source précise que l’éclairage est également obligatoire de jour. Les amendes vont de 40 francs sur une route éclairée à 60 francs sur une route non éclairée.
La consultation déterminera la suite
La prochaine étape est la consultation, et non une hausse immédiate de l’amende. L’OFROU a défini l’orientation de la mesure, mais le gouvernement n’a pas publié de montant définitif ni confirmé quand la nouvelle sanction pourrait entrer en vigueur. La consultation permettra aux cantons, aux organisations cyclistes et aux autres milieux intéressés de donner leur avis.
Pour les cyclistes, les règles actuelles restent inchangées pendant cette procédure. Utiliser un téléphone à vélo est actuellement passible d’une amende de 40 francs. Franchir un feu rouge peut coûter 60 francs, et ne pas s’arrêter à un panneau « Stop » entraîne une amende de 30 francs. La police peut aussi faire appliquer les règles concernant les trottoirs, les passages piétons, les pistes cyclables, l’éclairage et les appareils audio.
La proposition inscrit les distractions à vélo dans le débat plus large sur la sécurité routière en Suisse. Son impact dépendra du montant définitif de l’amende, de la formulation de la règle et de son application dans la circulation quotidienne. L’opposition de Pro Velo annonce un désaccord sur la manière dont la Suisse devrait concilier responsabilité des cyclistes, sanctions et application concrète des règles. Le chiffre des accidents communiqué par l’OFROU donne au gouvernement une base mesurable pour agir, tandis que la consultation déterminera si cette base débouche sur une amende plus élevée.