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Swiss Observer

Le Parlement suisse rejette de nouvelles règles sur l’assistance au suicide

Le Conseil des États rejette une proposition visant à renforcer la réglementation de l’assistance au suicide, mais soutient une amélioration du suivi statistique des cas.

Le Parlement suisse rejette de nouvelles règles sur l’assistance au suicide
AISWI swissinfo.ch

Dans une décision importante rendue jeudi, le Conseil des États a clairement rejeté une proposition visant à renforcer la réglementation de l’assistance au suicide. La motion, déposée par la Commission des affaires juridiques, a été refusée par 22 voix contre 16, avec huit abstentions. Cette décision maintient l’approche libérale actuelle de la Suisse en matière d’assistance au suicide, qui a fait connaître le pays à l’échelle internationale pour sa position sur les choix de fin de vie.

Contexte et cadre juridique actuel

La volonté d’instaurer de nouvelles règles a été déclenchée par la première utilisation en Suisse de la capsule de suicide Sarco, qui a soulevé des questions sur la nécessité d’un contrôle actualisé. Selon le droit suisse actuel, l’assistance au suicide n’est interdite que lorsqu’elle est pratiquée pour des motifs égoïstes, ce qui en fait l’un des cadres juridiques les plus libéraux au monde. La conseillère fédérale chargée de l’intérieur, Elisabeth Baume-Schneider, a défendu ce cadre existant, affirmant que les dispositions du droit pénal actuel suffisent à prévenir les abus tout en préservant l’autonomie individuelle.

Approbation du suivi statistique

Tout en rejetant un renforcement de la réglementation, le Conseil des États a approuvé une motion distincte visant à améliorer le suivi statistique des cas d’assistance au suicide. La mesure a été adoptée par 24 voix contre 7, avec trois abstentions. Cette décision traduit un compromis entre le maintien des libertés actuelles et une amélioration de la transparence et du contrôle grâce à la collecte de données. Ce suivi statistique aidera les autorités à mieux comprendre les tendances et les schémas liés aux cas d’assistance au suicide dans toute la Suisse.

Réactions politiques et conséquences

Le débat a mis en évidence de profondes divisions parmi les responsables politiques suisses. La conseillère aux États Heidi Z’graggen, du Centre, a souligné les inquiétudes concernant les lacunes en matière de sécurité juridique et de protection des personnes vulnérables. De son côté, le conseiller aux États socialiste Daniel Jositsch a évoqué des discussions antérieures, menées il y a dix ans, en relevant que des considérations philosophiques comme juridiques avaient conduit à des conclusions similaires, défavorables à un renforcement de la réglementation. La décision maintient la position particulière de la Suisse dans le domaine des soins de fin de vie à l’échelle mondiale, tout en reconnaissant la nécessité d’améliorer le suivi et la transparence.