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Le Parlement suisse approuve un paquet de 3,4 milliards de CHF pour la défense
Le Parlement a approuvé 3,4 milliards de CHF de crédits pour la défense, dont le financement des avions de combat F-35, tout en rejetant 500 millions de CHF supplémentaires pour les munitions de défense aérienne. L’article examine l’évolution des priorités de sécurité de la Suisse et les divergences politiques sur les dépenses de défense.

3,4 milliards de CHF de nouveaux crédits pour la défense ont été approuvés par les deux chambres du Parlement suisse. Les forces armées disposent ainsi d’un large mandat pour faire avancer leurs projets de modernisation et poursuivre l’acquisition des avions de combat F-35.
Le Conseil national a approuvé sans modification le message du Conseil fédéral sur l’armée, mardi 15 septembre, après le Conseil des États. Le paquet prévoit environ 2,4 milliards de CHF pour les achats d’armement, 562 millions de CHF pour des projets immobiliers militaires et 394 millions de CHF pour le programme F-35.
Le vote clôt l’étape parlementaire immédiate pour ces crédits. Il met aussi en évidence un désaccord marqué sur les priorités de financement de la Suisse. Le Conseil national a rejeté une hausse de 500 millions de CHF destinée aux munitions de défense aérienne, par 104 voix contre 91, avec une abstention.
Cette décision intervient alors que les parlementaires débattent de l’état de préparation militaire du pays, des capacités d’acquisition et des normes de contrôle. Les partis de centre droit ont soutenu le programme d’avions du gouvernement, malgré une récente conclusion parlementaire selon laquelle l’accord à prix fixe souvent invoqué pour l’achat des F-35 n’avait jamais existé. La gauche et le centre gauche se sont appuyés sur cette conclusion pour mettre en doute la confiance dans le processus.
Le financement des F-35 résiste à la controverse sur le prix fixe
Le programme F-35 a obtenu 394 millions de CHF malgré la controverse sur les achats. Une majorité du Conseil national a rejeté les demandes visant à interrompre ou à réduire le crédit supplémentaire, estimant que la Suisse ne disposait d’aucune alternative crédible aux nouveaux avions de combat.
La décision fait suite à un rapport de la Commission de gestion du Conseil national. La commission a constaté que le prix fixe des avions fabriqués aux États-Unis, que les autorités avaient annoncé à plusieurs reprises, n’avait en réalité jamais existé. Des critiques ont parlé d’un « fiasco du prix fixe » et ont affirmé que l’affaire avait entamé la confiance du public dans l’achat.
Le ministre de la Défense, Martin Pfister, a pris position pour la première fois sur le rapport pendant le débat. Il a déclaré que le Conseil fédéral publierait une prise de position « très bientôt, et pas seulement en décembre ». Martin Pfister a qualifié le rapport de « nuancé, objectif et intéressant » et a dit qu’il constituait une « bonne base pour améliorer les processus au sein du Département de la défense ».
Le rapport n’a pas modifié l’orientation du Parlement. Le crédit approuvé permet à l’armée de poursuivre les préparatifs en vue de l’acquisition des avions de combat, tandis que le Conseil fédéral élabore sa réponse aux conclusions en matière de contrôle.
Les parlementaires refusent les munitions supplémentaires pour la défense aérienne
Le Conseil national a rejeté 500 millions de CHF supplémentaires pour des munitions de défense aérienne. Cette somme devait financer des munitions pour les systèmes de défense aérienne basés au sol à longue et moyenne portée, ainsi que des systèmes d’appui indirect par le feu à moyenne portée.
La Commission de la politique de sécurité avait recommandé cette hausse, estimant que la Suisse devait reconstituer rapidement ses réserves. L’Union démocratique du centre et le Parti libéral-radical ont fait valoir que les retards d’acquisition, la forte demande internationale et la hausse des prix rendaient une action rapide nécessaire.
La proposition a échoué après l’opposition du Parti socialiste, du Centre, des Vert-e-s et des Vert’libéraux. Linda De Ventura, du Parti socialiste, a mis en garde contre ce qu’elle a qualifié de « précipitation », tandis que le centre gauche s’est demandé si le financement supplémentaire avait été défini avec suffisamment de précision.
Le vote distingue le paquet de modernisation approuvé du plan plus vaste de la commission pour les munitions. Le Parlement a autorisé les crédits d’acquisition déjà demandés par le Conseil fédéral, mais a refusé les fonds supplémentaires destinés aux réserves que réclamait la commission. Selon l’article source, d’autres demandes relatives à la défense devraient figurer à l’ordre du jour de la session d’hiver.
Le vote sur la défense met au jour des divergences politiques
Le vote révèle des divergences politiques sur les priorités de sécurité de la Suisse. Les parlementaires de centre droit ont placé la continuité du programme d’avions de combat et le réapprovisionnement plus rapide des réserves de munitions au cœur de leurs arguments. L’Union démocratique du centre et le Parti libéral-radical ont soutenu le crédit supplémentaire pour les munitions, tandis que le Parti socialiste, Le Centre, les Vert-e-s et les Vert’libéraux l’ont rejeté.
Cette division reflète des évaluations différentes des risques, des délais et de la responsabilité envers le public. Les partisans du financement supplémentaire des munitions ont invoqué les longs délais d’acquisition, la demande internationale et la hausse des coûts. Les opposants ont contesté le manque de clarté de la demande et refusé d’approuver un financement qu’ils jugeaient insuffisamment préparé.
Le même débat a donné lieu à des positions différentes sur le crédit pour les F-35. Les groupes de centre droit ont présenté l’achat des avions comme indispensable. La gauche s’est appuyée sur les conclusions du rapport de contrôle pour questionner la gestion de l’acquisition par le Conseil fédéral, mais le Conseil national a approuvé le crédit supplémentaire.
Martin Pfister a déclaré que le rapport avait « fortement mis à l’épreuve » les efforts du département pour instaurer la confiance. Il a aussi appelé les membres de la commission à maintenir un débat objectif, en disant qu’il lui semblait parfois que ce n’était pas le cas.
La prochaine épreuve aura lieu lors de la session d’hiver
L’armée peut désormais poursuivre le programme d’acquisition approuvé, tandis que la confiance reste un enjeu politique. La décision du Parlement autorise les crédits demandés par le Conseil fédéral et permet aux forces armées de faire avancer les projets concernant les avions de combat, l’équipement et l’immobilier.
Le paquet ne met pas fin au débat plus large sur l’état de préparation militaire. Le rejet de la hausse de 500 millions de CHF pour les munitions laisse en suspens une demande de financement distincte, en particulier pour la défense aérienne basée au sol et l’appui indirect par le feu à moyenne portée. Le Conseil fédéral et le Parlement devront aussi traiter les conséquences concrètes de l’allongement des délais d’acquisition et de la hausse des prix évoqués pendant le débat.
Le programme F-35 doit lui aussi franchir de nouvelles étapes. Martin Pfister a déclaré que le Conseil fédéral répondrait bientôt au rapport de contrôle. Ses propos indiquent que le département devra expliquer comment il a géré les assurances données sur les prix et comment il entend améliorer les processus d’acquisition.
D’autres demandes sont attendues lors de la session d’hiver. Pour la Suisse, la prochaine étape permettra de vérifier si la majorité politique qui a approuvé le crédit pour les avions peut aussi s’entendre sur les réserves de munitions, les contrôles des acquisitions et le rythme de la modernisation militaire.