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Swiss Observer

Le Tribunal fédéral rejette le recours visant à annuler la votation sur l’âge de la retraite des femmes

Le Tribunal fédéral rejette le recours du Parti écologiste suisse et des Femmes socialistes visant à invalider la votation de 2022 sur le relèvement de l’âge de la retraite des femmes, invoquant la sécurité du droit malgré les préoccupations concernant les informations communiquées.

Le Tribunal fédéral rejette le recours visant à annuler la votation sur l’âge de la retraite des femmes
AISWI swissinfo.ch

Le couperet est tombé et le verdict est définitif : le Tribunal fédéral a rejeté catégoriquement la demande d’annulation de la contestée votation de 2022 sur l’âge de la retraite des femmes. Dans une décision qui confirme un changement majeur de la politique sociale suisse, les juges ont rejeté les recours de poids déposés par le Parti écologiste suisse et les Femmes socialistes. Cette décision ferme effectivement la voie à tout recours juridique visant à revenir sur le relèvement de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans.

La décision du tribunal ne constitue pas un rejet des faits, mais une priorité accordée à la stabilité. Les recourantes ont tout fait pour invalider les résultats de la votation en invoquant une tromperie, mais la justice a signalé que les rouages de l’État ne peuvent pas être aisément remis en marche arrière. Ce jugement marque un tournant pour la démocratie suisse : il confirme qu’une fois le processus législatif enclenché, l’interrompre exige davantage que la preuve d’une erreur. Il faut aussi surmonter l’inertie considérable d’une loi entrée en vigueur.

La démocratie à l’épreuve : le scandale de la désinformation

Les électrices et électeurs auraient été induits en erreur, et l’intégrité du scrutin a été mise en question. Le recours reposait sur un aveu stupéfiant : avant la votation de septembre 2022, le Conseil fédéral avait fourni des informations trompeuses sur les perspectives financières du système de retraite. Le Parti écologiste suisse et les Femmes socialistes ont fait valoir qu’il ne s’agissait pas d’une simple erreur administrative, mais d’une atteinte aux droits politiques qui avait faussé un résultat extrêmement serré.

Lors de l’audience, les juges n’ont pas hésité à débattre de la gravité de cette violation. Le tribunal a dû faire face à une réalité dérangeante : le corps électoral avait voté sur la base de chiffres erronés. Toutefois, malgré la reconnaissance du climat de désinformation qui entourait le scrutin, les juges ne sont pas parvenus à un consensus sur la manière de qualifier cette violation dans leur jugement final. Le silence du jugement sur ce point précis en dit long et laisse planer une question inconfortable sur le paysage politique suisse : quelle quantité de désinformation est-elle de trop ?

Le piège de la « sécurité du droit »

La sécurité du droit l’a emporté sur la correction d’un défaut démocratique. Le refus du tribunal d’annuler la votation repose sur un enchevêtrement complexe de liens entre les textes législatifs. La révision de la loi sur l’AVS (AVS 21) n’était pas une mesure isolée : elle était indissociablement liée à un autre train de réformes, qui comprenait une hausse de la TVA. Annuler l’une reviendrait à faire sauter l’autre, créant un vide juridique que le tribunal n’était pas disposé à ouvrir.

Les juges ont estimé qu’il était pratiquement impossible de revenir sur la situation. Point essentiel, la hausse de la TVA liée à la réforme est en vigueur depuis le 1er janvier 2024. Dans les faits, les impôts sont déjà perçus et les budgets ont été établis. Le tribunal a conclu que le principe de la sécurité du droit s’opposait à toute annulation. En somme, les réformes sont devenues « trop importantes pour échouer », contraignant la justice à maintenir une votation entachée d’un défaut plutôt que de risquer le chaos administratif qu’entraînerait l’annulation d’une hausse d’impôt déjà mise en œuvre.

Pas de retour en arrière : la réalité pour les femmes

Le temps presse et, pour les femmes de toute la Suisse, le calendrier est désormais fixé. Les voies de droit étant épuisées, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans suivra son cours et sera mis en œuvre en 2025. Cette décision éteint le dernier espoir des opposantes qui cherchaient à retarder ou à annuler la mesure. Les autorités se concentrent désormais pleinement sur sa mise en œuvre, sans nouvel obstacle judiciaire à franchir.

Cette décision envoie un message fort sur la solidité des réformes entrées en vigueur en Suisse. Le débat sur l’équité de la campagne peut se poursuivre dans les milieux politiques, mais la réalité concrète est immédiate et irréversible. Les femmes doivent désormais se préparer à travailler plus longtemps, puisque l’harmonisation des âges de la retraite devient la nouvelle règle. La controverse peut perdurer, mais la mesure est désormais définitive.