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Selon les autorités suisses, le risque de paludisme aéroportuaire reste très faible
L’Office fédéral de la santé publique indique que le risque de paludisme aéroportuaire reste très faible, malgré les récents cas signalés près de l’aéroport de Francfort. L’article explique comment le paludisme peut arriver en Europe par des moustiques infectés transportés à bord d’avions, évoque les cas historiques en Suisse et présente les précautions appliquées dans les aéroports suisses.

Selon l’Office fédéral de la santé publique, le risque de paludisme aéroportuaire est très faible en Suisse, alors que les autorités enquêtent sur des cas signalés près de l’aéroport de Francfort. Cette évaluation fait suite à des informations selon lesquelles six employés de l’aéroport de Francfort ont contracté le paludisme durant l’été, dont deux sont décédés, et deux habitants du quartier de Schwanheim sont ensuite tombés malades sans avoir voyagé à l’étranger ni travaillé à l’aéroport.
Le niveau d’alerte en Suisse n’a pas changé, a indiqué l’OFSP à Keystone-ATS. Le paludisme reste une maladie à déclaration obligatoire en Suisse: les médecins et les laboratoires signalent aux autorités les infections confirmées. Environ 300 cas sont recensés chaque année, presque tous chez des personnes qui ont contracté la maladie à l’étranger.
Les cas de Francfort ont attiré l’attention, car ils évoquent une voie de transmission rare en Europe. Un moustique infecté dans une région où le paludisme est endémique peut survivre à un vol, quitter un avion ou une installation aéroportuaire, puis piquer des personnes à proximité. Cette éventualité est inhabituelle, mais elle a déjà été documentée en Suisse.
L’évaluation actuelle du risque en Suisse reflète la rareté de la transmission locale, et non l’absence totale de possibilité. L’OFSP n’a signalé aucun changement du niveau de risque national ni identifié de foyer comparable autour d’un aéroport suisse.
Retracer le parcours du moustique, de l’avion à la communauté
Environ 300 cas de paludisme sont déclarés chaque année en Suisse, mais presque tous sont contractés à l’étranger. Le paludisme est causé par des parasites transmis par la piqûre de moustiques infectés. En Suisse, la voie habituelle est le retour d’un voyageur d’une région où le paludisme est endémique, plutôt que l’arrivée d’un moustique par avion.
Le paludisme aéroportuaire suit une autre chaîne de transmission. Un moustique infecté peut être transporté à bord d’un avion depuis un pays où le paludisme circule. S’il survit au voyage et pique ensuite une personne à proximité de l’aéroport, celle-ci peut être infectée sans avoir quitté la Suisse. Le moustique ne crée pas la maladie. Il transporte des parasites acquis auprès d’un hôte humain antérieur.
Ce scénario suppose que plusieurs événements se succèdent: un moustique infecté doit pénétrer dans un avion, rester en vie durant le transport, s’échapper dans un environnement propice et trouver des personnes à piquer. Ces conditions expliquent en partie pourquoi l’OFSP continue de considérer le risque en Suisse comme très faible.
La maladie peut aussi mettre du temps à se manifester après l’infection. Les antécédents de voyage sont donc importants dans l’évaluation médicale. Un patient qui a de la fièvre après être revenu d’une région où le paludisme est endémique peut faire penser à un diagnostic connu. En l’absence de voyage, les médecins et les autorités de santé publique doivent envisager des explications moins courantes, notamment une transmission liée à un aéroport.
Le foyer de cinq cas à Genève reste dans les mémoires
Cinq cas de paludisme acquis localement ont été recensés à Genève durant l’été 1989. Les patients n’avaient pas voyagé dans une région où le paludisme est endémique et, selon des études de cas publiées en 1990, ils vivaient tous à moins de deux kilomètres de l’aéroport de Genève-Cointrin.
Ce foyer reste l’exemple suisse le plus clair de paludisme aéroportuaire cité par les autorités. Il montre aussi pourquoi les responsables suisses de la santé publique continuent de surveiller cette éventualité, même si les infections importées représentent presque tous les cas annuels. Les patients genevois avaient en commun leur lieu de résidence, et non un voyage connu dans un pays où le paludisme est endémique.
Cet épisode historique ne permet pas de conclure que tout cas inexpliqué de paludisme près d’un aéroport a la même origine. Les enquêteurs doivent examiner les déplacements, les dates, les espèces de moustiques, les conditions locales et les liens éventuels entre les cas. Ces éléments sont essentiels pour distinguer le paludisme aéroportuaire des infections contractées à l’étranger.
La géographie de la Suisse et son réseau aéroportuaire comptent également. Genève, Zurich et Bâle accueillent d’importants flux de passagers internationaux, mais l’OFSP n’a signalé aucun foyer actuel comparable à celui de Genève en 1989. La conclusion actuelle de l’office se fonde donc sur les données disponibles de la surveillance en Suisse, tandis que les anciens cas genevois rappellent qu’une transmission rare peut se produire.
À Francfort, l’enquête s’étend aux rues voisines
Les derniers cas de Francfort ont étendu l’enquête au-delà du périmètre de l’aéroport. Six employés de l’aéroport ont été infectés durant l’été, et deux sont décédés. Mardi soir, les autorités ont annoncé que deux habitants de Schwanheim, à environ cinq kilomètres de l’aéroport de Francfort, avaient également été touchés. Aucun des deux n’avait voyagé à l’étranger ni travaillé à l’aéroport.
Les autorités sanitaires de Francfort ont qualifié les cas de paludisme aéroportuaire et indiqué que des moustiques Anopheles infectés pourraient être arrivés par avion depuis une région où le paludisme est endémique. Selon les estimations des autorités, ces moustiques peuvent voler sur une distance de cinq à dix kilomètres, ce qui pourrait relier le site de l’aéroport aux quartiers voisins. Le lien entre les infections des habitants et les cas précédents chez les employés fait encore l’objet d’une enquête.
Les cas de Francfort sont géographiquement proches de la Suisse, mais cette proximité ne suffit pas à modifier l’évaluation suisse. Aucun cas n’a été signalé en Suisse et l’OFSP a déclaré que les nouvelles informations ne changeaient pas son appréciation du risque dans les aéroports suisses.
Les autorités sanitaires européennes suivront néanmoins l’enquête de près. Celle-ci pourrait préciser combien de temps les moustiques importés survivent, jusqu’où ils s’éloignent des installations aéroportuaires et quelles conditions environnementales permettent une transmission locale.
Garder le risque lié aux voyages à l’esprit pendant que la Suisse surveille la situation en Europe
Selon les données suisses disponibles, le principal risque de paludisme pour la population en Suisse reste lié aux voyages à l’étranger. Le pays recense environ 300 cas par année et, presque sans exception, ces infections sont contractées à l’étranger. L’évaluation de l’OFSP concernant les aéroports ne dispense pas les médecins de s’enquérir des voyages de leurs patients lorsque ceux-ci présentent des symptômes compatibles avec le paludisme.
L’office a également confirmé que des cas de paludisme aéroportuaire se sont déjà produits en Suisse. Ces deux éléments orientent la réponse de santé publique: la surveillance de routine doit se poursuivre, tandis que les autorités évitent de présenter un événement rare comme un danger courant. Les informations fournies ne font état d’aucune nouvelle alerte dans un aéroport suisse ni de mesure particulière à la suite des cas de Francfort.
Les voyageurs de retour de régions où le paludisme est endémique devraient suivre les recommandations médicales liées à leur destination et consulter rapidement s’ils tombent malades. Les médecins peuvent devoir envisager le paludisme même si les symptômes apparaissent après un certain délai, en particulier lorsque le patient a récemment voyagé.
L’OFSP continuera d’évaluer les informations provenant de Suisse et des pays voisins. Pour l’heure, le message est précis: le paludisme aéroportuaire est possible, il a été documenté dans l’histoire suisse et il reste considéré comme très improbable dans les aéroports suisses.