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Swiss Observer

La Suisse prévoit d’interdire les adoptions internationales après une enquête historique

Le gouvernement suisse prévoit d’interdire les adoptions internationales après qu’une étude a révélé des irrégularités systématiques dans les pratiques passées, qui ont concerné des milliers de cas entre 1970 et 1999.

La Suisse prévoit d’interdire les adoptions internationales après une enquête historique
AISWI swissinfo.ch

Dans une décision historique, le gouvernement suisse a annoncé son intention d’instaurer une interdiction totale des adoptions internationales. Ce changement radical de politique fait suite à la révélation d’irrégularités généralisées dans les pratiques d’adoption passées. Cette décision marque une rupture importante avec la position historique de la Suisse sur les adoptions internationales et place le pays à l’avant-garde d’un mouvement mondial croissant visant à réformer ces pratiques.

Une enquête historique révèle des problèmes systématiques

Une étude approfondie de la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW) a mis au jour des défaillances systématiques dans les adoptions internationales entre 1970 et 1999. L’enquête a révélé des pratiques préoccupantes, notamment la traite d’enfants, la falsification de documents et l’absence d’informations sur les origines des enfants. Les autorités fédérales comme cantonales ont fait preuve d’une négligence importante dans leur rôle de surveillance, entraînant des milliers d’adoptions potentiellement irrégulières.

Ampleur et portée des irrégularités passées

Les adoptions irrégulières ont été nombreuses et ont concerné des enfants issus de plusieurs pays, notamment le Bangladesh, le Brésil, le Chili, le Guatemala, l’Inde, la Colombie, la Corée du Sud, le Liban et la Roumanie. L’enquête a montré à quel point le nombre d’adoptions a évolué au fil du temps, passant d’environ 1000 par an dans les années 1980 à seulement 30 actuellement. Dans de nombreux cas, le consentement des parents faisait défaut, les actes de naissance avaient été falsifiés et les origines des enfants adoptés étaient incertaines.

Avis des spécialistes et défis de mise en œuvre

Des spécialistes, dont Philip Jaffé, membre du Comité des droits de l’enfant de l’ONU, ont exprimé des réserves quant à la mise en œuvre concrète de l’interdiction. Ils soulignent les failles possibles et les difficultés d’application, notamment en ce qui concerne la gestation pour autrui à l’étranger et les adoptions réalisées dans d’autres juridictions. Le moment choisi pour cette interdiction a également été remis en question, certains spécialistes relevant l’ironie de l’introduction de mesures strictes alors que le nombre d’adoptions est déjà historiquement bas.

Conséquences futures et enjeux politiques

L’interdiction envisagée soulève des questions importantes sur l’avenir des adoptions internationales et la protection de l’enfance en Suisse. Si cette politique vise à empêcher la répétition des abus passés, elle doit trouver un équilibre entre la protection des enfants et les besoins des familles qui souhaitent adopter. Le gouvernement doit relever le défi de mettre en place des mécanismes d’application efficaces tout en comblant les éventuelles failles des pratiques d’adoption internationale et de gestation pour autrui. Cette évolution pourrait influencer les débats politiques dans d’autres pays confrontés à la réforme des adoptions internationales.