Crans-Montana
La Suisse prévoit un mémorial à Crans-Montana, le Parlement approuve un soutien de 20 millions de francs
La Suisse commémorera le premier anniversaire de l’incendie de Crans-Montana par une cérémonie le 1er janvier 2027. Le Parlement a par ailleurs approuvé jusqu’à 20 millions de francs pour soutenir des accords négociés en faveur des victimes et de leurs proches.

Une cérémonie organisée le 1er janvier 2027 ramènera Crans-Montana sur les lieux d’un drame qui a fait 41 morts et 115 blessés. Le canton du Valais organise cette rencontre avec la commune de Crans-Montana, un an après l’incendie du bar Le Constellation. La cérémonie débutera à 10 h dans la salle de sport du Centre de congrès de Crans-Montana.
Les proches des personnes décédées, les survivants blessés et leurs familles seront invités. Des secouristes, du personnel médical et des représentantes et représentants des autorités fédérales, cantonales et communales seront également présents, ainsi que des représentants étrangers. Les autorités valaisannes ont indiqué que la cérémonie rendrait hommage aux personnes touchées, remercierait celles et ceux qui sont intervenus et ferait en sorte que le drame demeure dans la mémoire collective.
Cet anniversaire revêt une importance qui dépasse largement la station du Haut-Plateau. Le jeune âge de nombreuses victimes et l’ampleur de l’incendie ont durablement marqué le Valais, la Suisse et la communauté internationale. Christophe Darbellay, président du gouvernement valaisan, a déclaré que la rencontre réaffirmerait la solidarité avec les familles dont la vie a été bouleversée à jamais. La cérémonie marquera le début d’un processus officiel de commémoration, qui devrait se poursuivre avec la création d’un mémorial permanent.
Le Parlement ouvre la voie à des indemnisations négociées
Le Parlement a approuvé une contribution fédérale maximale de 20 millions de francs pour aider les victimes et leurs proches à parvenir à des accords sans devoir attendre des années au terme de procédures civiles. Le Conseil national a adopté la disposition concernée par 106 voix contre 87, avec quatre abstentions. Le Conseil des États avait déjà approuvé cette disposition, mais le projet de loi doit lui être renvoyé afin de régler un dernier point de désaccord.
Cette disposition permettrait à la Confédération d’ajouter jusqu’à 20 millions de francs aux accords conclus à l’issue de discussions en table ronde. Ces discussions visent à réunir les victimes, les familles endeuillées, les compagnies d’assurance, les parties susceptibles d’être responsables et les autorités publiques. L’objectif est de créer une voie permettant de parvenir à des accords extrajudiciaires.
La contribution fédérale ne constitue pas un montant définitif d’indemnisation pour une personne en particulier. La loi prévoit une contribution complémentaire éventuelle dans le cadre d’accords négociés, dont les conditions doivent encore être définies entre les parties. En soutenant la médiation, le Parlement cherche à réduire le risque de procédures civiles prolongées après un drame qui a déjà entraîné de lourdes conséquences personnelles et financières pour les survivants et leurs familles.
Le vote associe aussi plus directement le gouvernement fédéral au Valais, alors que les autorités gèrent les conséquences de l’incendie et les demandes de soutien et de reddition de comptes.
Les survivants et les familles font face à une longue convalescence
Le processus de règlement devra tenir compte de deux groupes distincts de survivants : les familles qui ont perdu des proches et les 115 personnes blessées dans l’incendie. Leurs besoins peuvent concerner les soins médicaux, la réadaptation, le soutien psychologique, la perte de revenus et les conséquences à long terme de blessures permanentes. L’article indique que la réadaptation des victimes se poursuit et qu’une fondation qui les représente a demandé des fonds supplémentaires.
Les discussions prévues en table ronde doivent réunir plus que les seules familles directement touchées. Les assureurs, les autres parties susceptibles d’être responsables et les autorités y participeront, créant ainsi un espace où les demandes et les responsabilités pourront être examinées collectivement. Tout accord dépendra des négociations entre ces parties et permettra d’éviter l’incertitude, les frais et la durée de procédures civiles séparées.
Le plafond de 20 millions de francs confère à la Confédération un rôle défini pour contribuer à la conclusion des accords. Il ne supprime pas la nécessité d’établir les responsabilités ou de déterminer la valeur des demandes individuelles. Ces questions restent au cœur des négociations et de la confiance que les survivants accordent au processus.
Pour le Valais, le défi consiste à faire avancer les discussions tout en gardant clairement à l’esprit les personnes dont la santé, la vie familiale et la sécurité financière ont été bouleversées par l’incendie. La décision du Parlement fournit un cadre, tandis que les détails seront réglés à la table des négociations.
Le Valais commence à préparer un mémorial durable
La cérémonie de janvier constitue la première étape publique d’un processus de commémoration qui, selon le Valais, se poursuivra après l’anniversaire. Le canton et la commune de Crans-Montana travaillent avec une organisation indépendante de la société civile à la création d’un mémorial permanent. Les autorités n’ont pas annoncé son emplacement ni sa conception définitive, mais elles en ont défini l’objectif : préserver la mémoire des personnes décédées et reconnaître le vécu des survivants, des familles et des personnes intervenues.
La cérémonie rendra également hommage aux équipes de secours et au personnel médical qui sont intervenus pendant et après l’incendie. Leur présence témoigne de l’ampleur des répercussions du drame, de l’opération de sauvetage immédiate aux soins toujours prodigués aux personnes blessées. Des représentantes et représentants des autorités fédérales, cantonales et communales, ainsi que des responsables étrangers, devraient y assister, donnant à la cérémonie une dimension nationale et internationale.
Darbellay a décrit la mémoire comme une responsabilité collective. Cette approche inscrit le mémorial dans la vie civique du Valais, plutôt que d’en faire uniquement un hommage privé des familles. Elle offre aussi à Crans-Montana un lieu où consigner les événements à l’intention des habitants, des visiteurs et des générations futures.
L’année à venir sera donc consacrée à la fois au souvenir, aux négociations sur les indemnisations et à la poursuite de la réadaptation. La cérémonie donnera une date précise au deuil collectif, tandis que le processus de règlement et le projet de mémorial définiront la manière dont la Suisse fera concrètement vivre la mémoire du drame.