Aller au contenu
Swiss Observer

Le projet suisse d’impôt sur l’immigration met les nouveaux arrivants fortunés en ligne de mire

La proposition d’« impôt sur l’immigration » soutenue par le gouvernement pourrait faire payer une taxe supplémentaire aux nouveaux arrivants fortunés qui s’établissent en Suisse.

Le projet suisse d’impôt sur l’immigration met les nouveaux arrivants fortunés en ligne de mire
AIThe Local Switzerland

La nouvelle ouverture du gouvernement suisse donne à l’impôt sur l’immigration son coup de pouce politique le plus net à ce jour. Selon des informations publiées le 7 septembre 2026, la proposition obligerait les étrangers fortunés qui s’installent en Suisse à payer une taxe supplémentaire. L’idée a déjà été évoquée par le passé, mais le soutien du gouvernement la fait passer d’une revendication politique récurrente à un possible projet législatif.

Les détails disponibles restent limités. Les informations fournies ne précisent ni taux d’imposition, ni seuil de fortune, ni méthode de perception, ni date d’entrée en vigueur. La portée pratique de la proposition reste donc incertaine. Elle pourrait viser un groupe restreint de nouveaux arrivants fortunés, ou être formulée plus largement pour s’appliquer aux résidents étrangers dont le profil financier les place en marge des débats fiscaux ordinaires.

Cette distinction est importante en Suisse, où l’imposition est répartie entre la Confédération, les cantons et les communes. Toute nouvelle taxe devrait s’inscrire dans cette structure fédérale et préciser quel échelon de l’État percevrait les recettes. Elle devrait aussi résister à un examen portant sur l’égalité de traitement, les droits de résidence et la concurrence de la Suisse avec d’autres pays pour attirer les fortunes mobiles à l’échelle internationale.

Pour l’heure, la position du gouvernement signale une ouverture politique plutôt qu’un projet de loi abouti. La prochaine étape décisive sera la publication, par les partisans de la mesure, des chiffres et de son architecture juridique.

Cibler les nouveaux arrivants fortunés

La mesure attirerait l’attention sur les nouveaux arrivants fortunés, et non sur l’immigration en général. La proposition décrite par The Local concerne les étrangers qui s’installent en Suisse et prévoit qu’ils paient une taxe supplémentaire. Cette formulation laisse penser à une taxe liée à l’arrivée et à la capacité financière, même si la source ne définit pas les critères d’assujettissement.

Plusieurs choix de conception détermineront qui sera effectivement concerné. Les responsables politiques devront décider si l’assujettissement dépend de la fortune nette, du revenu, des actifs transférés en Suisse, du type de permis de séjour ou d’une combinaison de ces facteurs. Ils devront aussi se pencher sur les familles, les personnes qui viennent travailler, les entrepreneurs, les retraités et les résidents qui obtiennent ensuite la nationalité suisse.

Une taxe de portée générale pourrait toucher des professionnels fortunés et des chefs d’entreprise, ainsi que des personnes qui déménagent principalement pour des raisons liées à leur mode de vie. Une taxe ciblée de manière plus étroite pourrait limiter la charge à un petit nombre de nouveaux arrivants exceptionnellement fortunés, tout en générant moins de recettes. Cette différence pèserait autant dans le débat politique que le montant finalement perçu.

Les partisans de la proposition la présenteront probablement comme une contribution demandée aux nouveaux arrivants disposant de ressources importantes. Ses détracteurs pourraient contester un système qui fait du statut d’étranger un déclencheur fiscal. Tant que le gouvernement n’aura pas publié de projet, ces deux interprétations restent possibles.

Situer la taxe par rapport à l’imposition forfaitaire

La Suisse dispose déjà d’un régime fiscal spécial réservé à un groupe restreint de résidents étrangers fortunés. Selon l’explication de The Local, l’imposition d’après la dépense, aussi appelée imposition forfaitaire, est réservée aux étrangers très fortunés. Son existence rendra le débat sur l’impôt sur l’immigration particulièrement sensible.

Il ne faut pas confondre les deux mesures. L’imposition forfaitaire concerne la base de calcul de l’impôt dû par un résident étranger qui remplit les conditions. La taxe sur l’immigration proposée, selon les informations disponibles, serait une charge supplémentaire liée à l’installation en Suisse. Rien n’indique si une personne imposée d’après la dépense devrait également payer cette nouvelle taxe.

Cette question en suspens pourrait devenir centrale dans le débat législatif. Un nouvel arrivant qui négocie déjà un régime fiscal spécial pourrait faire valoir qu’une taxe supplémentaire à l’arrivée modifie les conditions financières qui ont pesé dans sa décision de déménager. Les partisans de la mesure pourraient répondre que cette taxe est distincte de l’imposition annuelle du revenu ou de la dépense et qu’elle devrait s’appliquer indépendamment du régime existant.

Les pratiques cantonales auront aussi leur importance. En Suisse, l’imposition forfaitaire est depuis longtemps associée à la politique fiscale cantonale, tandis que la taxe proposée devrait reposer sur une base constitutionnelle et administrative claire. Le gouvernement n’a pas encore expliqué comment les deux systèmes s’articuleraient.

Soumettre la proposition au Parlement

Le soutien du gouvernement améliore les chances de la proposition, mais ne garantit ni un vote ni une loi. Selon les informations fournies, le gouvernement s’est montré plus favorable à l’idée. Il s’agit d’un changement important pour une mesure qui, jusqu’ici, peinait à dépasser le stade des discussions politiques. Cette évolution met aussi les partisans au défi de fournir des détails capables de résister à un examen parlementaire et juridique.

La proposition devra composer avec la politique de coalition et le système fédéral suisses. Le Parlement devra évaluer sa base légale, tandis que les cantons et les communes examineront ses effets sur la concurrence fiscale locale, les marchés du logement et les services publics. Les partis favorables à un contrôle plus strict de l’immigration pourraient saluer le message symbolique. Ceux qui privilégient la compétitivité pourraient se demander si une nouvelle taxe risque de décourager les investissements ou l’installation de résidents à hauts revenus.

L’absence de taux publié complique l’évaluation politique. Une taxe modeste pourrait être présentée comme une contribution aux effets limités sur les décisions de déménagement. Une taxe élevée attirerait davantage l’attention, mais donnerait aussi à ses adversaires de meilleurs arguments pour affirmer que la Suisse renchérit le coût de la résidence pour une population internationale mobile.

Aucune des sources disponibles n’indique que le Parlement a approuvé la mesure. Pour l’heure, il s’agit d’une proposition soutenue par le gouvernement qui entre dans une phase plus exigeante : rédaction, consultation et recherche de soutiens au sein des coalitions.

Exiger les chiffres avant le vote

La prochaine annonce comptera davantage que le titre : la Suisse a besoin de chiffres, de garanties et d’une répartition claire des compétences. Le soutien du gouvernement a relancé la proposition d’impôt sur l’immigration, mais le public ne dispose toujours pas des informations nécessaires pour en évaluer les effets. Les éléments décisifs à publier comprendront l’assiette fiscale, la définition d’un nouvel arrivant, les exemptions, les règles d’application et l’affectation des recettes.

Le gouvernement devra aussi expliquer comment la taxe s’articulerait avec l’imposition forfaitaire. Si les deux charges s’appliquaient, les résidents étrangers fortunés pourraient faire face à des coûts sensiblement différents de ceux prévus par les régimes existants. Si les personnes imposées d’après la dépense étaient exonérées, les critiques pourraient soutenir que la mesure vise un groupe plus large de résidents étrangers tout en laissant intact le régime spécial le mieux établi.

Pour les contribuables suisses, le débat portera sur la capacité de la taxe à générer des recettes utiles, à renforcer le sentiment d’équité ou à ajouter une couche à un système fiscal fédéral déjà complexe. Pour les cantons, l’enjeu concernera notamment la concurrence pour attirer des résidents et des investissements. Pour les nouveaux arrivants, la question pratique sera de savoir si la taxe est transparente et prévisible avant qu’ils ne s’engagent à déménager.

La proposition est désormais lancée. Sa crédibilité dépendra des détails à venir.