agriculture
La consommation de vin suisse chute de 8 % en 2024
Le marché suisse du vin fait face à un recul préoccupant : la consommation indigène a fortement baissé, touchant particulièrement les producteurs locaux, alors que les récoltes comptent parmi les plus faibles de ces 50 dernières années.

La viticulture suisse fait face à un défi majeur, la consommation atteignant des niveaux préoccupants. Selon l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), la consommation totale de vin en Suisse a reculé de 7,9 % en 2024, soit une baisse importante de 18,6 millions de litres par rapport à l’année précédente. Le volume total consommé s’élève désormais à 218,4 millions de litres, ce qui représente l’un des reculs les plus marqués de ces dernières années. Cette tendance reflète des évolutions similaires observées dans les pays voisins de l’UE et touche aussi bien les vins blancs que les vins rouges.
Conséquences pour les producteurs indigènes
Les producteurs suisses ont été particulièrement touchés par cette baisse : la consommation de vin indigène a chuté de 16 %, soit 14,7 millions de litres de moins. La part de marché des vins suisses s’est contractée à 35,5 %, ce qui suscite des inquiétudes quant à la viabilité des vignobles locaux. Ce recul coïncide avec l’une des récoltes les plus faibles de ces 50 dernières années, créant une conjoncture particulièrement difficile pour les producteurs indigènes. Malgré la baisse de la consommation, l’OFAG indique que les stocks de vin restent suffisants, ce qui laisse entrevoir un possible excédent sur le marché.
Analyse du marché et perspectives
La dynamique actuelle du marché dessine un tableau complexe pour la viticulture suisse. Selon l’OFAG, l’offre reste suffisante et variée, mais le recul de la consommation pose d’importants défis pour la stabilité du marché. La baisse des rendements, conjuguée au recul de la demande indigène, laisse penser qu’une restructuration du marché suisse du vin pourrait s’avérer nécessaire. Le recul parallèle de la consommation dans les pays voisins de l’UE indique qu’il pourrait s’agir d’une tendance régionale plus large, et non d’un phénomène propre à la Suisse.
Réaction de la branche et mesures
Face à ce que les autorités qualifient de « tendance préoccupante », la branche viticole suisse et les organes de réglementation suivent la situation de près. L’Office fédéral de l’agriculture affirme que, malgré le recul de la consommation, le marché continue d’offrir des vins en quantité suffisante et dans une grande diversité. La forte baisse de la consommation et de la production laisse toutefois penser que des mesures stratégiques pourraient être nécessaires pour soutenir les producteurs indigènes et stabiliser le marché. Les acteurs de la branche évaluent différentes pistes pour relever ces défis et assurer la pérennité à long terme de la production viticole suisse.