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Swiss Observer

Le CICR annonce une réduction budgétaire de 17 % qui touchera ses opérations dans le monde

Le CICR, basé à Genève, doit procéder à d’importantes réductions tout en s’efforçant de maintenir ses missions essentielles en Ukraine, au Moyen-Orient et en Afrique.

Le CICR annonce une réduction budgétaire de 17 % qui touchera ses opérations dans le monde
AISWI swissinfo.ch

Le paysage humanitaire genevois est ébranlé après l’annonce par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) d’une réduction budgétaire vertigineuse de 17 % pour l’année prochaine. Il ne s’agit pas d’un ajustement mineur, mais d’une contraction importante qui provoquera des ondes de choc dans l’infrastructure mondiale de l’organisation. Mardi, un porte-parole du CICR a confirmé sans équivoque les informations du Temps : « Le chiffre global est de 17 %. »

Cette réduction drastique devrait entraîner une nouvelle vague de suppressions d’emplois, qui frappera au cœur de l’organisation. Les coupes toucheront le siège à Genève, les centres régionaux et les opérations sur le terrain. Alors que le monde est confronté à une aggravation des crises, le principal gardien du droit international humanitaire est contraint de réduire sa présence. L’urgence est palpable : l’organisation doit finaliser ces douloureuses réductions d’ici à la fin de l’année, signe qu’il est impératif d’aligner les ressources sur une nouvelle réalité financière difficile.

Une mission essentielle : préserver les opérations dans les zones de conflit

Alors que les comptes sont dans le rouge, la mission doit se poursuivre. Malgré le resserrement financier sévère, le CICR s’efforce de préserver ses opérations les plus essentielles. L’organisation a déclaré qu’il était impératif de maintenir sa présence dans les régions les plus instables du monde : en Ukraine, au Moyen-Orient, en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan.

L’équilibre est délicat. Le CICR doit relever le double défi de réduire sa bureaucratie tout en répondant aux horreurs des conflits armés en cours. Le porte-parole a souligné que l’organisation devait devenir « plus efficace », une directive adoptée en 2023 qui s’est désormais transformée en stratégie de survie. L’engagement dans ces zones de conflit souligne la gravité de la situation : même si les ressources diminuent fortement, l’impératif humanitaire dans ces régions dévastées reste non négociable.

Une politique d’austérité qui se répète : l’écho du choc de 2023

Cette annonce n’est pas un incident isolé, mais la poursuite alarmante d’une contraction systémique. Le CICR subit encore les effets de la restructuration brutale de 2023, lorsqu’il a été contraint de réduire son budget de 2,8 milliards de CHF à 2,1 milliards de CHF. Cette période de turbulences a entraîné la suppression de près de 4 500 emplois, un coup dur pour le personnel humanitaire.

La réduction actuelle de 17 % laisse penser que l’hémorragie financière n’est pas terminée. L’organisation est confrontée à une nouvelle normalité, dans laquelle les déficits de financement ne sont plus des difficultés passagères, mais des gouffres structurels. La répétition de mesures aussi drastiques soulève des inquiétudes quant à la viabilité des modèles traditionnels de financement humanitaire. Alors que l’organisation cherche à fonctionner avec des moyens plus modestes, le spectre des réductions de 2023 plane toujours et fait craindre que cette nouvelle vague de coupes n’affaiblisse encore sa capacité à réagir aux urgences mondiales.

La Genève internationale sous pression

Les difficultés du CICR sont le symptôme d’un malaise plus large qui touche la Genève internationale. La pression s’intensifie de toutes parts. La Suisse serre elle aussi la vis, avec des projets de réduction des financements accordés à plusieurs organisations internationales actives dans la ville. Cette austérité nationale coïncide avec le recul des financements à l’échelle mondiale, illustré par la suspension de l’aide étrangère des États-Unis plus tôt cette année.

La Genève internationale, pôle mondial de la diplomatie et de l’action humanitaire, fait face à une pression sans précédent. La combinaison des coupes budgétaires suisses et des réductions du CICR aggrave la crise. Alors que la Suisse réévalue ses engagements financiers, les répercussions déstabilisent l’écosystème des ONG et des agences établies à Genève. La réputation de la ville comme bastion de l’aide internationale est mise à l’épreuve, tandis que les piliers financiers qui la soutiennent commencent à se fissurer.

Le verdict de novembre : dans l’attente de la décision finale

L’avenir de l’organisation dépend désormais de l’Assemblée qui se réunira en novembre. Cette instance, la plus haute autorité de l’institution, doit ratifier la réduction proposée de 17 %. D’ici là, l’incertitude règne dans les couloirs du siège.

Les prochains mois seront décisifs. La direction doit préciser où les coupes seront effectuées et décider quels programmes seront maintenus et lesquels seront supprimés. Pour les milliers de collaboratrices et collaborateurs et les millions de bénéficiaires dans le monde, l’Assemblée de novembre n’est pas une simple formalité administrative : elle déterminera en dernier ressort la capacité opérationnelle du CICR pour l’année à venir. Le temps presse et le monde humanitaire retient son souffle.