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Swiss Observer

Des liens avec les nazis révélés dans l’histoire d’un jardin alpin suisse

La fondation du Jardin botanique Flore-Alpe révèle les liens de son fondateur avec l’économie de guerre allemande, ce qui entraîne un changement de nom

Des liens avec les nazis révélés dans l’histoire d’un jardin alpin suisse
AISWI swissinfo.ch

Une révélation importante a provoqué des remous dans le paysage culturel suisse : le prestigieux Jardin botanique Flore-Alpe, à Champex-Lac, en Valais, a mis au jour des liens historiques troublants entre son fondateur et l’Allemagne nazie. Cette découverte a été faite lors des recherches préparatoires aux célébrations du centenaire du jardin, prévues en 2027, et a contraint l’institution à faire face à son passé complexe.

La révélation des liens avec le régime nazi

Les recherches ont révélé que Jean-Marcel Aubert, fondateur du jardin et industriel vaudois de premier plan, a joué un rôle actif dans l’économie de guerre allemande entre 1940 et 1944. Plus troublant encore, un rapport publié en 2024 a documenté l’implication d’Aubert dans l’« aryanisation » d’entreprises appartenant à des Juifs en France, en particulier des établissements comme les Galeries Lafayette. Ces conclusions ont été étayées par un rapport détaillé remis en mai 2025, qui a permis de mieux cerner l’ampleur des activités d’Aubert durant la guerre.

La réaction de la fondation et le changement de nom

À la suite de ces révélations, la fondation, placée sous la responsabilité de la commune d’Orsières et du canton du Valais depuis 2008, a pris des mesures décisives. Reconnaissant son « devoir de mémoire », elle s’est engagée à communiquer de manière transparente sur ce sombre chapitre de son histoire. Dans une décision importante, elle a choisi de prendre ses distances avec l’héritage de son fondateur en retirant le nom de Jean-Marcel Aubert de l’institution, qui s’appellera désormais simplement Fondation du Jardin botanique Flore-Alpe. La fondation a souligné sa volonté d’aborder ces faits historiques « sans les minimiser ni chercher à les atténuer ».

Les conséquences pour le patrimoine suisse

Cette révélation s’inscrit dans le processus continu par lequel la Suisse se confronte à son histoire durant la Seconde Guerre mondiale. Le cas de Flore-Alpe illustre la volonté des institutions suisses actuelles de faire preuve de transparence et d’assumer leur responsabilité historique, même lorsque cela implique d’aborder des vérités dérangeantes sur leurs fondateurs. À l’approche du centenaire du jardin, en 2027, ces développements pourraient influencer la manière dont les institutions culturelles suisses traiteront des découvertes historiques similaires et des héritages complexes.