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Swiss Observer

Vague de faillites en Suisse : les cantons se préparent à une forte hausse en 2025

Les cantons suisses se préparent à un possible doublement des faillites en 2025. Les autorités recrutent du personnel supplémentaire pour faire face à la hausse attendue.

Vague de faillites en Suisse : les cantons se préparent à une forte hausse en 2025
AILe News

La Suisse est au bord d’un dénouement financier. Début 2025, les autorités cantonales se mobilisent face à une forte hausse des faillites d’entreprises. Selon les prévisions, leur nombre pourrait doubler par rapport à 2024. Il ne s’agit pas d’une hausse progressive, mais d’une vague imminente. Dans tout le pays, les offices des faillites s’empressent de renforcer leurs équipes et recrutent activement du personnel supplémentaire pour traiter la masse de documents et les ordres de liquidation attendus.

Cette forte hausse s’explique non seulement par les forces du marché, mais aussi par un durcissement délibéré des règles administratives. Depuis des années, un nombre important d’entreprises suisses sont au bord de la faillite et ne survivent que grâce à l’indulgence des créanciers communaux et cantonaux. Ce filet de sécurité a désormais été supprimé. Les autorités ne restent plus en retrait : elles se préparent à traiter les insolvabilités à un rythme rarement observé dans l’économie suisse moderne. Le message est clair : l’ère de l’indulgence est révolue et les rouages administratifs se préparent à éliminer les entreprises moribondes du marché suisse à une vitesse sans précédent.

Durcissement réglementaire : la fin du sursis accordé par l’État

Le déclencheur de ce bouleversement est une réforme législative entrée en vigueur le 1er janvier 2025. Une nouvelle loi rigoureuse a profondément modifié la situation des entreprises en difficulté, en supprimant les protections qui permettaient jusque-là aux sociétés insolvables de subsister. Sous l’ancien régime, les entreprises croulant sous les dettes bénéficiaient souvent d’un sursis : leurs actifs pouvaient être saisis, mais elles disposaient d’un délai généreux de deux ans pour se restructurer et redresser la barre. Cette période d’incertitude permettait à nombre d’entre elles de survivre malgré leur insolvabilité de fait.

La nouvelle loi exige toutefois une intervention immédiate. Désormais, si une entreprise est insolvable et doit des montants à des créanciers publics, sa liquidation n’est plus une mesure de dernier recours, elle est obligatoire. L’État ne souhaite plus jouer le rôle d’un prêteur patient. Ce changement législatif marque un net virage vers la discipline budgétaire. En supprimant ce délai de deux ans, le gouvernement suisse a de fait accéléré le processus de faillite des entreprises : celles qui ne peuvent pas s’acquitter de leurs dettes envers les créanciers publics sont démantelées au lieu d’être maintenues artificiellement en vie.

Paiements prioritaires : le secteur public prélève sa part

Dans cette partie serrée de liquidation, la banque gagne toujours. En Suisse, la banque, c’est le secteur public. Sans surprise, l’État reste le principal créancier du pays et détient d’importantes créances sous forme d’impôts impayés, d’intérêts accumulés et de pénalités. La nouvelle législation vise un objectif unique, avec une efficacité implacable : recouvrer ces fonds publics plus rapidement que jamais.

Lorsqu’une entreprise est contrainte à la liquidation en vertu des nouvelles règles, les impôts impayés sont prioritaires. C’est le « premier morceau » du gâteau. Si cela permet de renflouer rapidement les caisses cantonales et communales, les perspectives sont sombres pour les créanciers privés et les fournisseurs, qui se trouvent plus bas dans la hiérarchie. Par définition, les entreprises insolvables doivent plus qu’elles ne possèdent. Une fois que le secteur public a recouvré son dû, il reste souvent peu de choses pour les autres. Cette stratégie consolide les finances publiques, mais risque de laisser derrière elle une série de dettes privées impayées et de déclencher un effet domino, avec de nouvelles difficultés financières pour les fournisseurs et les partenaires.

Correction du marché : rétablir des conditions de concurrence équitables

Au-delà des bilans, ce changement représente une correction culturelle majeure dans le paysage économique suisse. Depuis des années, des critiques estiment que l’indulgence envers les entreprises insolvables faussait le marché et revenait à subventionner l’échec. En permettant à des « entreprises zombies » de fonctionner pendant des années sans payer leur juste part d’impôts, l’ancien système leur accordait un avantage concurrentiel déloyal. Ces entreprises bénéficiaient en quelque sorte d’un crédit financé par l’État, auquel leurs concurrentes saines et à jour avec leurs impôts n’avaient pas accès.

Ce durcissement, malgré ses effets douloureux, rétablit des conditions de concurrence équitables. Il impose un retour aux principes fondamentaux du marché : si une entreprise ne peut pas honorer ses obligations fiscales, elle doit quitter la scène. À court terme, cela se traduira par une hausse des statistiques de faillites et pourrait entraîner des pertes d’emplois. À long terme, l’économie devrait toutefois être plus légère et plus robuste, portée par des entreprises financièrement viables. Au fil de 2025, la Suisse n’assiste pas seulement à une hausse des faillites : elle voit son écosystème d’entreprises se purifier.