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Swiss Observer

Le sevrage des antidépresseurs peut être confondu avec une rechute, selon une étude suisse

Une étude dirigée par la Suisse révèle que les personnes qui se sentent mal après avoir diminué progressivement leur dose d’antidépresseurs peuvent présenter des symptômes de sevrage plutôt qu’une rechute dépressive. Ces résultats pourraient influencer la manière dont les médecins encadrent l’arrêt du traitement et prévenir des traitements inutilement prolongés.

Le sevrage des antidépresseurs peut être confondu avec une rechute, selon une étude suisse
AISWI swissinfo.ch

Environ 400 000 personnes en Suisse prennent des antidépresseurs chaque jour, ce qui donne à la question de l’après-traitement une portée qui dépasse largement les consultations spécialisées. Selon une étude dirigée par la Suisse, une personne qui se sent nerveuse, irritable ou émotionnellement déstabilisée après avoir réduit sa dose d’antidépresseurs peut présenter des symptômes de sevrage plutôt qu’une rechute dépressive ou anxieuse.

Cette distinction a des conséquences concrètes. Si les symptômes de sevrage sont interprétés comme une rechute, les médecins et les patients peuvent conclure que le traitement doit se poursuivre indéfiniment. Les chercheurs estiment qu’une telle conclusion peut conduire à des traitements prolongés inutiles.

L’étude a été publiée le 15 septembre 2026 dans Psychotherapy and Psychosomatics. Des chercheurs de la Haute école spécialisée Kalaidos ont suivi 32 adultes pendant 26 semaines alors qu’ils réduisaient progressivement leur dose d’antidépresseurs. La Haute école zurichoise des sciences appliquées, l’Université de Zurich et le King’s College London ont également contribué à l’étude.

Les résultats ne signifient pas que tout symptôme survenant après l’arrêt d’un traitement est un symptôme de sevrage. Ils soulignent que le moment où les symptômes apparaissent et leur évolution constituent des indices importants. Des symptômes qui apparaissent peu après une réduction de dose et fluctuent au gré des changements de dose peuvent correspondre à un sevrage. Selon les auteurs, une rechute se développe généralement plus lentement.

Suivre la dose et observer l’évolution

Les symptômes se sont accentués lors des réductions de dose et se sont atténués lorsque la dose est restée stable. Cette tendance récurrente a constitué le signal le plus net de l’étude. Les participants ont fait état d’une hausse de la nervosité, de l’irritabilité et des sautes d’humeur lorsque leur dose d’antidépresseurs diminuait. Lorsque la dose ne changeait pas, ces symptômes s’atténuaient à nouveau.

Les chercheurs ont qualifié cette évolution de « fluctuante ». Le moment où elle se produisait permettait de la distinguer de l’évolution habituelle d’une rechute dépressive ou anxieuse, qui s’installe généralement plus progressivement. Un changement rapide après une réduction de dose peut donc indiquer de manière pertinente sur le plan clinique que la diminution est peut-être trop rapide.

Ce résultat porte sur un moment délicat du traitement. Les personnes peuvent se sentir mal sur le plan émotionnel peu après avoir réduit leur médication et craindre, à juste titre, que leur maladie initiale soit revenue. Les médecins doivent, de leur côté, déterminer si les symptômes relèvent du sevrage, d’une rechute ou des deux. L’étude propose une évolution à prendre en considération, et non un raccourci diagnostique.

Pour l’équipe de recherche, un suivi attentif est essentiel lors de l’arrêt du traitement. Noter quand les symptômes apparaissent, comment ils évoluent et s’ils s’atténuent lorsque la dose reste stable peut aider les médecins à décider plus clairement de la prochaine réduction.

Réduire plus lentement si les symptômes s’intensifient

Les chercheurs recommandent des réductions plus petites et une diminution plus lente lorsque les symptômes apparaissent rapidement. Michael Hengartner, responsable de l’étude, a déclaré qu’une personne qui développe des symptômes émotionnels peu après une réduction de dose n’a, dans la plupart des cas, pas besoin de davantage de médicaments. Il est recommandé de réduire la dose plus lentement, par paliers plus petits.

Ce conseil pourrait modifier la manière dont l’arrêt du traitement est encadré dans les cabinets médicaux suisses. Lorsqu’un patient signale de l’irritabilité ou des sautes d’humeur après une réduction de dose, il peut être nécessaire d’examiner attentivement le moment où les symptômes sont apparus avant de reprendre ou de prolonger immédiatement le traitement. Les périodes où la dose reste stable peuvent fournir des indications utiles sur l’atténuation des symptômes à mesure que le corps s’adapte.

Selon les chercheurs, les symptômes de sevrage finissent par disparaître. Leur conclusion remet en question une interprétation courante de la détresse ressentie lors de l’arrêt du traitement, tout en reconnaissant que chaque patient doit être évalué individuellement. L’étude a suivi un groupe relativement restreint de 32 adultes et ne permet donc pas de définir un calendrier unique de réduction pour tout le monde.

Les antidépresseurs diffèrent, tout comme les antécédents, les doses et la durée des traitements des patients. Le message pratique de l’étude est donc un appel à la prudence : des symptômes rapides après une réduction devraient amener à discuter du rythme de la diminution et de la possibilité d’un sevrage, avant de conclure que le trouble sous-jacent est réapparu.

Intégrer l’arrêt du traitement aux soins courants

L’étude place l’arrêt des antidépresseurs à l’ordre du jour pour une large population de patients en Suisse. Selon le communiqué de presse de la Haute école spécialisée Kalaidos, environ 400 000 personnes en Suisse prennent des antidépresseurs chaque jour. Pour beaucoup d’entre elles, l’arrêt du traitement implique de décider du calendrier, des réductions de dose et de la manière d’interpréter de nouveaux symptômes.

Cette recherche pourrait inciter les médecins à consigner ces changements de manière plus systématique. Un journal des symptômes indiquant la date de chaque réduction de dose, l’apparition des symptômes émotionnels et les périodes où la dose reste stable pourrait aider à distinguer une réaction de sevrage fluctuante d’une rechute plus lente. Il pourrait aussi aider les patients à mieux comprendre ce qu’ils vivent pendant une période de vulnérabilité.

L’étude a été menée avec la participation de la Haute école spécialisée Kalaidos, de la ZHAW, de l’UZH et du King’s College London, réunissant des compétences cliniques et universitaires suisses et des travaux de recherche internationaux. Ses résultats doivent maintenant être appliqués avec prudence dans les soins courants, d’autant que l’échantillon était restreint et que l’étude portait sur 26 semaines de diminution progressive.

Pour les patients en Suisse qui envisagent un changement, ces données plaident en faveur d’un échange réfléchi avec le médecin prescripteur. Les symptômes survenant après une réduction de dose méritent attention, mais leur moment d’apparition et leur évolution doivent être pris en compte avant de les considérer comme une preuve que le traitement antidépresseur doit se poursuivre indéfiniment.