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Swiss Observer

UBS propose aux autorités suisses de plafonner la taille de sa banque d’investissement

UBS propose de plafonner durablement la taille de sa division de banque d’investissement afin de répondre aux préoccupations réglementaires à la suite du rachat de Credit Suisse, une mesure qui a des répercussions sur le paysage financier suisse.

UBS propose aux autorités suisses de plafonner la taille de sa banque d’investissement
AISWI swissinfo.ch

Dans une démarche importante visant à répondre aux préoccupations réglementaires après le rachat de Credit Suisse, UBS a proposé de plafonner durablement la taille de sa division de banque d’investissement. Cette proposition stratégique intervient alors que la plus grande banque de Suisse cherche à évoluer dans un cadre réglementaire complexe et à apaiser les craintes liées à l’importance systémique accrue de l’établissement. La banque applique actuellement une limite qu’elle s’est elle-même imposée, fixée à 25 % de ses actifs pondérés en fonction des risques pour ses activités de banque d’investissement, ce qui témoigne de son engagement à maintenir un modèle d’affaires équilibré.

Pressions et préoccupations réglementaires

Les autorités de régulation suisses renforcent leur surveillance d’UBS à la suite du rachat de Credit Suisse, en mettant particulièrement l’accent sur les exigences en matière de fonds propres. Les responsables demandent qu’UBS garantisse intégralement ses filiales étrangères, une mesure destinée à protéger l’économie suisse contre d’éventuelles crises à l’avenir. Cette volonté de renforcer la réglementation a créé des tensions notables entre la banque et les autorités suisses. UBS estime que des exigences excessives en matière de fonds propres pourraient nuire à sa compétitivité internationale. Les réformes proposées, qui seront examinées par le Parlement en mai, marquent une étape cruciale pour la réglementation bancaire suisse.

Impact et résultats financiers

Les résultats financiers d’UBS témoignent du rôle important de ses divisions de banque d’investissement et de gestion de fortune. La banque d’investissement a dégagé un bénéfice avant impôts de 1,9 milliard de dollars pour des revenus de 11 milliards de dollars, tandis que les activités de gestion de fortune se sont révélées plus lucratives, avec un bénéfice avant impôts de 3,9 milliards de dollars pour des revenus de 24,5 milliards de dollars. Ces chiffres soulignent la position solide de la banque dans la gestion de fortune, tout en maintenant une présence importante dans la banque d’investissement. Le plafond proposé vise à trouver un équilibre entre le maintien de la rentabilité et la prise en compte des préoccupations réglementaires relatives à l’exposition aux risques.

Réaction politique en Suisse

Les milieux politiques suisses ont adopté une position ferme sur le cadre réglementaire applicable à UBS. La ministre des finances Karin Keller-Sutter s’est exprimée clairement sur les activités de lobbying de la banque, soulignant que la priorité du gouvernement est de garantir qu’UBS puisse être liquidée de manière ordonnée en cas de crise. La réponse politique reflète l’équilibre délicat que la Suisse cherche à préserver entre son statut de centre financier mondial et la protection de son économie nationale. Cette dimension politique ajoute un degré de complexité supplémentaire aux négociations réglementaires d’UBS.

Conséquences futures

L’issue de la proposition d’UBS et des prochaines réformes réglementaires aura des conséquences importantes pour le secteur financier suisse. UBS demeure l’une des banques les mieux dotées en fonds propres au monde, mais la tension entre exigences réglementaires et impératifs de compétitivité continue de façonner les débats. La volonté de la banque de limiter ses activités de banque d’investissement laisse entrevoir une possible évolution du secteur bancaire suisse, avec une attention accrue portée à la gestion de fortune et une prise de risques réduite dans les activités de banque d’investissement. Cette évolution pourrait redéfinir le rôle de la Suisse dans la finance mondiale.