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Swiss Observer

La Suisse exprime son inquiétude face à la crise du Conseil des droits de l’homme de l’ONU

Le chef de la diplomatie suisse évoque les préoccupations croissantes face au désengagement international de l’organe de l’ONU chargé des droits humains, dans un contexte de tensions mondiales.

La Suisse exprime son inquiétude face à la crise du Conseil des droits de l’homme de l’ONU
AISWI swissinfo.ch

La Suisse a endossé un rôle de premier plan crucial au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à une période marquée par des défis sans précédent. Le chef de la diplomatie, Ignazio Cassis, a pris la parole à l’ouverture de la session du Conseil à Genève pour délivrer un message fort, soulignant que « les droits humains sont l’affaire de tout le monde ». Le moment est particulièrement important, car la Suisse fait son retour au Conseil pour un mandat de trois ans, tandis que l’ambassadeur Jürg Lauber en prend la présidence pour la première fois dans l’histoire du pays.

Les conséquences du retrait des États-Unis

Le retrait complet des États-Unis du Conseil des droits de l’homme, suivi du boycott d’Israël, a provoqué de fortes remous dans les milieux diplomatiques internationaux. La décision, annoncée par Donald Trump, invoquait des préoccupations liées à un prétendu parti pris anti-israélien et à la composition du Conseil. Cette évolution a incité la Suisse à jouer un rôle plus visible pour préserver l’efficacité et la légitimité du Conseil. L’absence d’une grande puissance mondiale représente à la fois des défis et des possibilités de réforme du cadre international des droits humains.

Défis financiers

Le Conseil est confronté à d’importantes pressions financières depuis le retrait des États-Unis, qui ont historiquement contribué à hauteur d’un tiers au financement de l’ONU. La situation est encore compliquée par une crise de liquidités déjà existante, due au non-paiement des contributions de certains États membres. Les contraintes budgétaires ont déjà entraîné une réduction de la retransmission des sessions et du financement des missions d’enquête. En tant que présidente actuelle, la Suisse doit composer avec ces difficultés financières tout en préservant les fonctions essentielles du Conseil.

Le rôle et la réponse de la Suisse

La Suisse s’est imposée comme une force de stabilisation pendant cette période de transition. Sous la direction de l’ambassadeur Jürg Lauber, le Conseil s’attache à gagner en efficacité tout en optimisant les ressources disponibles. L’approche suisse privilégie le dialogue inclusif et le maintien du statut du Conseil comme principal forum international de discussion sur les droits humains. L’expertise diplomatique de la Suisse et sa neutralité en font un acteur particulièrement bien placé pour rapprocher les parties et encourager un dialogue constructif entre les États membres restants.