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Swiss Observer

Le Surveillant des prix obtient une baisse des frais de paiement par carte pour les petites entreprises

L’accord conclu avec Worldline pour réduire les frais de transaction devrait permettre aux commerces suisses d’économiser entre 10 et 15 millions de francs par an, en particulier aux petites boutiques et aux restaurants.

Le Surveillant des prix obtient une baisse des frais de paiement par carte pour les petites entreprises
AISWI swissinfo.ch

Quelque 15 millions de francs devraient rester chaque année dans les poches des commerces suisses, une victoire décisive pour l’économie nationale. Le Surveillant des prix a réussi à imposer un accord important visant à réduire les frais de paiement par carte et à s’attaquer directement à la hausse des coûts d’exploitation. Il ne s’agit pas d’un simple ajustement, mais d’une bouffée d’oxygène financière pour l’épine dorsale du commerce de détail suisse.

L’intervention du Surveillant des prix concerne les frais prélevés sur les paiements sans espèces, qui pèsent de plus en plus sur les commerçants à mesure que les transactions numériques se multiplient. En obtenant cette réduction, l’autorité veille à ce que le recul des paiements en espèces ne pénalise pas les entreprises qui font vivre nos rues commerçantes. Les économies, estimées entre 10 et 15 millions de francs par an, représentent des fonds qui pourront être réinvestis dans le personnel, les stocks ou simplement dans le paiement des factures, dans un marché concurrentiel. Cette mesure envoie un signal fort : les frais généraux excessifs sur les transactions courantes ne seront pas tolérés.

Worldline contrainte de négocier : le nouvel accord

Worldline, acteur incontournable du traitement des paiements en Suisse, a dû revoir sa position. En tant que principal prestataire chargé du traitement et du crédit des transactions dans tout le pays, ses structures tarifaires déterminent les marges de milliers d’entreprises. Le Surveillant des prix, qui ne voulait pas que l’expiration de l’accord de 2024 laisse les commerçants sans protection, a obtenu un nouveau cadre plus favorable, valable jusqu’au 30 septembre 2027.

Cette négociation était cruciale. Sans la pression du Surveillant des prix, la position dominante de Worldline aurait pu laisser les commerces sans grand moyen de réclamer des tarifs équitables. Le renouvellement de l’accord montre que même les géants de la finance doivent céder lorsque la pression réglementaire est exercée avec précision. En prolongeant ces protections de deux ans, le Surveillant des prix apporte une stabilité essentielle et permet aux entreprises de prévoir leurs coûts d’exploitation sans craindre de hausses soudaines des frais sur leurs terminaux de paiement.

Petites transactions, grand impact : l’économie des kiosques

Les véritables gagnants de cet accord sont les héros méconnus des habitudes matinales en Suisse : la boulangerie du quartier, le kiosque du coin et la petite épicerie. Le Surveillant des prix a ciblé en particulier la réduction des frais sur les petites transactions, ces achats modestes qui sont effectués des millions de fois par jour. Auparavant, les frais prélevés sur un simple café ou un journal pouvaient rogner de manière disproportionnée les bénéfices des commerçants.

Cette mesure ciblée change la donne pour les entreprises qui réalisent de nombreuses transactions à faible marge. Alors que les clients paient de plus en plus souvent par carte des montants aussi bas que cinq francs, le poids cumulé des frais de transaction était devenu une menace pour leur activité. Cet accord supprime de fait la pénalité liée à la modernisation : une boulangerie peut désormais accepter le paiement par carte d’un croissant sans voir sa marge s’évaporer au profit d’un prestataire de paiement. Il préserve la viabilité de l’économie des microtransactions qui caractérise le quotidien en Suisse.

Berne réclame de la clarté : l’exigence de transparence

Alors que le Surveillant des prix obtient un soulagement financier immédiat, Berne se mobilise en faveur d’une réforme structurelle à long terme. Le Parlement a donné un mandat clair : l’opacité des structures de frais des paiements sans espèces doit cesser. Lors de la session d’été précédente, les parlementaires ont demandé une base légale solide pour imposer la transparence, afin qu’il ne s’agisse pas seulement d’une solution temporaire, mais d’un changement durable des rapports de force.

Le gouvernement doit désormais élaborer une loi qui fournira aux petites entreprises les données dont elles ont besoin. À l’heure actuelle, la complexité des structures tarifaires rend quasiment impossible pour un petit restaurateur de négocier efficacement ou de comparer les offres. L’objectif est d’atteindre une clarté totale. En dissipant la confusion autour des coûts de transaction, l’État entend donner même aux plus petits commerçants les moyens de négocier avec l’assurance d’un grand groupe. L’ère des coûts cachés et des tarifs incompréhensibles touche à sa fin.