société
Des villes suisses restreignent l’accès aux piscines publiques
Bâle suit Porrentruy en restreignant l’accès des personnes étrangères aux piscines municipales, ce qui suscite un débat sur la gestion des infrastructures publiques et les relations transfrontalières.

Dans un contexte qui a des conséquences importantes sur les relations transfrontalières, deux villes suisses ont instauré de nouvelles restrictions d’accès à leurs piscines municipales pour les personnes étrangères. À Bâle, après la décision de Porrentruy, dans le canton du Jura, des mesures limitant l’accès aux piscines publiques pour les personnes venues de France voisine ont été introduites. À Porrentruy, ces restrictions resteront en vigueur pendant toute la saison estivale, du 4 juillet au 31 août. Il s’agit d’une étape décisive dans la gestion de l’accès aux infrastructures publiques.
Les raisons des restrictions
Ces restrictions font suite à plusieurs incidents signalés liés à des comportements inappropriés. Selon Steve Beutler, responsable de l’Office des sports de Bâle, la ville a été confrontée cette année à un niveau sans précédent de comportements problématiques. Les problèmes concernent notamment des cas de harcèlement, des infractions aux règles d’hygiène et des comportements agressifs, principalement attribués à des personnes venues de l’autre côté de la frontière. À la piscine Gartenbad St. Jakob, à elle seule, la police bâloise a dû intervenir une dizaine de fois au cours des cinq dernières semaines pour des altercations et des vols. La situation a poussé les autorités à prendre des mesures fermes, tout en maintenant l’accès aux personnes de nationalité française titulaires d’un permis de travail ou de séjour suisse.
Mesures de mise en œuvre
Le canton a défini une approche globale pour répondre à ces difficultés. Parmi les principales mesures figurent le renforcement de la présence du personnel de sécurité afin de mieux faire respecter les règles, ainsi que la possibilité d’interdire l’accès aux personnes qui les enfreignent. Les autorités envisagent également de durcir les règles vestimentaires pour des raisons d’hygiène, en imposant notamment le port de maillots de bain près du corps et de slips de bain, afin d’éviter que les personnes portent leurs sous-vêtements. Ces mesures visent à maintenir le niveau élevé des infrastructures publiques suisses, tout en garantissant un environnement sûr et agréable à toutes les personnes qui y sont légitimement admises.
Réactions internationales
Ces restrictions ont suscité des réactions diverses de la part des autorités suisses et françaises. La Commission fédérale contre le racisme a exprimé des inquiétudes quant au caractère potentiellement discriminatoire de ces mesures, tandis que des responsables français leur ont apporté un soutien inattendu. Le député français Matthieu Bloch a notamment approuvé la décision de Porrentruy, saluant les pratiques de gestion suisses et estimant que la France pourrait s’inspirer de l’approche suisse en matière de gestion des infrastructures publiques. Ce dialogue international met en lumière la complexité des relations transfrontalières et de la gestion de l’espace public.
Conséquences à venir
Ces nouvelles restrictions pourraient faire jurisprudence dans la manière dont les communes suisses gèrent les infrastructures publiques dans les régions frontalières. Elles visent à trouver un équilibre entre le maintien de l’ordre public et un accès équitable aux équipements collectifs. À mesure que l’été avance, leur efficacité sera suivie de près et pourrait influencer les futures politiques d’autres villes suisses confrontées à des difficultés similaires. Cette situation souligne aussi la nécessité de renforcer la coopération transfrontalière pour gérer les espaces publics et remédier aux problèmes de comportement.