aménagement urbain
Les villes suisses accélèrent la suppression des places de stationnement public
Les grandes villes suisses ont supprimé plus de 11 000 places de stationnement public depuis 2015. Genève et Zurich en ont chacune supprimé plus de 3 000, signe d’un changement de cap dans les stratégies de mobilité urbaine.

Dans une démarche ambitieuse qui témoigne de l’engagement de la Suisse en faveur d’un développement urbain durable, les grandes villes suisses ont supprimé au total plus de 11 000 places de stationnement public depuis 2015. Cette transformation importante de la gestion de la mobilité urbaine marque un changement décisif dans la manière dont les communes suisses abordent l’aménagement des villes et la durabilité environnementale.
Documentée par le Tages-Anzeiger, cette initiative illustre la position progressiste de la Suisse en matière de mobilité urbaine et de protection de l’environnement. Des villes des régions germanophones comme francophones ont participé à cette importante transformation des espaces urbains.
Mise en œuvre, ville par ville
La réduction du nombre de places de stationnement est particulièrement marquée en Suisse romande. Genève est en tête avec une baisse de 13 % des places de stationnement public, suivie de près par Lausanne, avec une diminution de 11 % depuis 2015. En Suisse alémanique, Zurich a supprimé environ 7 % de ses places de stationnement public.
Le détail par ville est le suivant :
- Genève : plus de 3 000 places supprimées
- Zurich : plus de 3 000 places supprimées
- Lausanne : plus de 2 500 places en moins
- Bâle : près de 1 500 places supprimées
- Berne : environ 1 300 places supprimées
Projets à venir et objectifs de réduction du trafic
Les villes suisses se fixent des objectifs ambitieux pour réduire encore le nombre de places de stationnement. Genève a annoncé vouloir supprimer 12 000 places supplémentaires d’ici à 2034, tandis que Zurich entend en supprimer 10 000 de plus d’ici à 2040. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à réduire le trafic urbain de 30 %.
Ces dernières années, le lien entre la disponibilité des places de stationnement et la fluidité du trafic s’est révélé relativement faible. Cela laisse penser que les villes peuvent réduire le nombre de places sans nuire dans les mêmes proportions à la mobilité urbaine essentielle. Cette approche fondée sur les données permet d’optimiser l’utilisation de l’espace tout en préservant l’accessibilité nécessaire.
Conséquences sur la vie urbaine et le commerce
La diminution du nombre de places de stationnement transforme la vie urbaine et le commerce dans les villes suisses. Ces changements visent à rendre les espaces urbains plus calmes et plus propres, mais influent aussi sur la manière dont la population fréquente les centres-villes. Cette transformation s’accompagne d’un important essor des services numériques et du commerce en ligne.
La réduction du stationnement s’inscrit dans les objectifs plus larges de la Suisse en matière de durabilité et dans l’évolution des comportements des consommateurs. Les achats en ligne et les services de livraison regroupée deviennent des solutions plus efficaces que le commerce traditionnel, susceptibles de réduire le trafic urbain dans son ensemble. La transition exige toutefois de trouver un juste équilibre afin de préserver le dynamisme des centres-villes tout en faisant progresser les objectifs environnementaux.