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Swiss Observer

Un musée Paulo Coelho ouvrira à Genève pour célébrer son héritage littéraire

Le célèbre auteur brésilien va créer une institution culturelle près de l’église orthodoxe russe historique, avec des objets personnels et des moments forts de sa carrière

Un musée Paulo Coelho ouvrira à Genève pour célébrer son héritage littéraire
AISWI swissinfo.ch

Genève consolidera en septembre son statut de haut lieu culturel mondial, lorsque le géant de la littérature Paulo Coelho ouvrira les portes de son musée personnel. Située à deux pas de l’emblématique église orthodoxe russe au dôme doré, cette nouvelle institution rend un hommage durable à l’auteur, qui a fait de la ville son domicile depuis plus de quinze ans. La décision d’établir ce lieu emblématique à Genève souligne l’influence profonde de la ville sur la vie et l’œuvre de Coelho. Alors que de nombreux auteurs lèguent des archives, Coelho propose une expérience vivante au cœur de la ville qu’il habite avec son épouse, la peintre Christina Oiticica. Il ne s’agit pas simplement d’une collection de livres, mais de la manifestation concrète d’une carrière qui a marqué des millions de personnes. En s’installant près de l’un des sites les plus historiques de Genève, Coelho transforme le paysage touristique local et promet d’attirer des hordes de fans des quatre coins du monde sur les rives du lac Léman.

Révéler un passé tumultueux et douloureux

Les visiteurs qui s’attendent à un récit édulcoré de sa réussite seront plutôt confrontés à la réalité crue et viscérale des premières années de Coelho. Le musée retrace sans détour son internement éprouvant dans un hôpital psychiatrique entre 17 et 20 ans, une période sombre déterminante avant son ascension littéraire. Au cœur de l’exposition se trouve la machine à écrire sur laquelle a été rédigée la première ébauche de « L’Alchimiste » en 1988, une machine qui a transformé ses questionnements spirituels en phénomène mondial. Au-delà de ses outils d’écriture, l’institution révèle les chapitres les plus douloureux de son histoire, notamment son emprisonnement et les tortures qu’il a subies sous la dictature brésilienne dans les années 1970. Ce parcours, du mouvement hippie contre-culturel au chemin de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, offre un regard sans concession sur la souffrance qui a nourri sa prose. Il témoigne de sa résilience et montre que ses réflexions spirituelles ont été forgées dans le feu d’une souffrance authentique.

Une fusion artistique au dernier étage

Le musée va au-delà de la littérature pour célébrer la créativité sous deux formes, en consacrant tout son dernier étage aux arts visuels. Christina Oiticica, l’épouse de Coelho et peintre reconnue à part entière, présentera ses œuvres dans trois galeries distinctes du bâtiment. Cette intégration met en lumière le partenariat créatif du couple, qui s’est marié dans cette même ville. En consacrant une place aussi importante aux œuvres d’Oiticica, l’institution offre une vision globale de leur vie artistique commune, en réunissant sous un même toit expression narrative et visuelle. C’est un aperçu rare de l’univers privé d’un couple influent, qui partage son temps entre la tranquillité suisse de Genève et Tarbes, dans le sud-ouest de la France. Le dernier étage promet d’offrir un contrepoint vivant à la profondeur historique des étages inférieurs et une expérience culturelle faisant appel à plusieurs sens.

Une marque mondiale qui pèse des millions

Paulo Coelho n’est pas seulement un auteur, c’est une immense entreprise internationale. Selon Bilan, sa fortune, estimée entre 500 et 600 millions de francs en 2021, rivalise avec celle des grands magnats des affaires. Cette richesse repose sur une vingtaine de livres qui ont captivé le monde, mais son influence dépasse largement le cadre de l’imprimé. Coelho dispose d’une armée numérique, avec plus de 30 millions d’abonnés sur Facebook à lui seul. Cette présence sans précédent sur les réseaux sociaux lui permet de contourner les intermédiaires traditionnels et de communiquer directement avec une immense base de fans fidèles. À l’ouverture du musée, cette vaste présence numérique sera mise à profit afin que le lieu genevois bénéficie immédiatement d’un écho sur internet. Pour la Suisse, accueillir l’héritage d’une personnalité aussi influente sur le plan commercial et culturel est un coup de maître, qui renforce l’attrait du pays auprès des élites mondiales.