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Swiss Observer

Guy Parmelin reprend les rênes comme président de la Confédération en 2026

Guy Parmelin entame son deuxième mandat de président de la Confédération. Dans un entretien, il dévoile ses priorités pour l’année à venir, des nouveaux partenariats aux défis mondiaux. L’article présente également le nouveau portrait officiel du Conseil fédéral, qui entend refléter le point de vue des jeunes.

Guy Parmelin reprend les rênes comme président de la Confédération en 2026
AISWI swissinfo.ch

Guy Parmelin a fait un retour spectaculaire à la présidence de la Confédération, avec 203 voix sur 210 suffrages valables, un soutien massif qui constitue le meilleur résultat pour une élection présidentielle depuis quatre décennies. Il ne s’agit pas d’une simple alternance de fonction, mais d’un mandat sans réserve pour le ministre de l’UDC, qui entame son deuxième mandat à la tête de la Confédération. Après dix ans au gouvernement, sa popularité auprès des parlementaires ne fait aucun doute. Elle s’explique notamment par l’étendue de son portefeuille, qui couvre l’agriculture, la formation et les affaires économiques, et l’inscrit au cœur des rouages de la gouvernance suisse.

Alors que certains observateurs spéculent sur une possible dernière année au Conseil fédéral, Parmelin ne se laisse pas déstabiliser. Il écarte les discussions sur une retraite avec l’assurance d’un responsable chevronné et affirme vouloir aller au terme de la législature. « Tant que j’aurai la passion », déclare-t-il, il restera en fonction. Cette solidité politique constitue un point d’ancrage essentiel pour la Suisse face à un ordre mondial en pleine mutation. Elle indique aux observateurs suisses et étrangers que Berne privilégie la continuité et l’expérience plutôt que l’incertitude.

Le pari américain, un partenaire indispensable

La Suisse renforce ses liens avec Washington. Dans une déclaration de politique étrangère audacieuse, le président Parmelin a qualifié les États-Unis de « partenaire indispensable », marquant sa volonté claire de consolider les relations commerciales malgré un contexte géopolitique imprévisible. Les enjeux sont considérables. Alors que la menace de droits de douane américains plane, Parmelin n’attend pas qu’on lui en donne l’autorisation : il cherche activement à conclure un accord tarifaire juridiquement contraignant qui remplacerait les déclarations actuelles, sans force obligatoire.

La stratégie du président est pragmatique et urgente. Il reconnaît la volatilité de la politique américaine, notamment sous l’influence de Donald Trump, mais affirme que lorsque la Suisse s’engage, « elle tient parole ». Le gouvernement fédéral a déjà préparé un projet de mandat et consulté les cantons, avançant à une vitesse sans précédent pour garantir la sécurité économique. C’est un exercice diplomatique périlleux : il s’agit de diversifier les partenariats mondiaux tout en maintenant des liens étroits entre l’économie suisse et le moteur américain. Pour Parmelin, le secteur privé crée la richesse, mais l’État doit négocier avec détermination les conditions permettant à cette richesse de circuler.

Un vétéran de la « cinquième crise »

Parmelin n’est pas seulement président, il est aussi un gestionnaire de crises. Il décrit son parcours au gouvernement comme une succession ininterrompue de cinq grands chocs mondiaux : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, la crise de la sécurité énergétique, l’effondrement de Credit Suisse et, aujourd’hui, la menace imminente de guerres commerciales avec les États-Unis. « J’ai appris qu’il faut être prêt à tout », affirme-t-il, évoquant une manière de gouverner forgée dans l’épreuve.

Cette logique de la « cinquième crise » guide son programme pour 2026. L’objectif n’est plus seulement la croissance, mais aussi la résilience et la stabilisation. Selon Parmelin, le meilleur scénario pour la Suisse serait une stabilisation de l’économie mondiale, qui permettrait aux exportations suisses de prospérer. Son style de direction a évolué : de réactif, il est devenu proactif. Il cherche à concilier les impératifs souvent contradictoires du monde économique et les nécessités politiques. En présentant l’économie comme le moteur du bien-être social, il entend faire de sa présidence un rempart pour le niveau de vie suisse dans un contexte de désordre mondial permanent.

Mettre en scène l’avenir : une rupture visuelle radicale

Le portrait officiel du Conseil fédéral pour 2026 rompt de manière frappante avec la tradition et délaisse l’esthétique rigide et conventionnelle des années précédentes. Parmelin a confié la réalisation de l’image du gouvernement à quatre étudiantes et étudiants en photographie de l’École professionnelle de Vevey : Nathan Bugniet, Eileen Fraefel, Samantha Keller et Léo Margueron. Le résultat est une composition en superposition qui montre les sept membres du Conseil fédéral et le chancelier de la Confédération dans le Salon de la présidence, avec une particularité : les étudiants apparaissent eux aussi sur l’image.

Ce choix est délibérément symbolique. En intégrant les créateurs à leur création, Parmelin impose le « point de vue de la jeune génération » au plus haut niveau du pouvoir suisse. Le rituel annuel, dont 35 000 exemplaires sont imprimés, devient ainsi plus qu’un simple souvenir : il affirme l’importance de la transparence et de la formation professionnelle. Il montre que le gouvernement n’est pas une tour d’ivoire isolée, mais une institution qui doit rester accessible aux jeunes, appelés à hériter de ses décisions, et visible à leurs yeux. L’image est authentique, collaborative et résolument moderne.