Grisons
Les Grisons proposent d’abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans
Le gouvernement cantonal des Grisons a soumis à son parlement une révision de la Constitution qui accorderait le droit de vote aux jeunes de 16 ans pour les affaires cantonales et communales. Si elle est approuvée, la décision finale reviendra aux électrices et électeurs lors d’une votation en septembre.

Le paysage politique du plus grand canton de Suisse est à l’aube d’un changement majeur. Le gouvernement cantonal des Grisons a officiellement soumis une révision ambitieuse de sa Constitution, qui vise explicitement à abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans. Il ne s’agit pas d’un simple geste symbolique, mais d’une refonte fondamentale de la participation citoyenne, qui remet en question le statu quo. Si cette mesure aboutit, une nouvelle génération pourra participer aux votations et aux élections et faire entendre directement sa voix pour façonner son avenir.
Cette mesure déterminante concerne aussi bien les affaires cantonales que communales et témoigne d’un engagement fort en faveur de la participation des jeunes. En transmettant ce projet au parlement cantonal, le gouvernement répond à une demande croissante de modernisation de la démocratie. La proposition s’attaque de front au vieillissement de l’électorat et apporte de nouvelles perspectives au débat politique. Les Grisons se positionnent ainsi comme un canton progressiste, montrant que ce canton alpin est prêt à accueillir l’énergie et le potentiel de sa jeunesse.
Élargir le droit de vote au-delà des frontières
Dans le cadre d’un élargissement important des droits démocratiques, la proposition dépasse les frontières cantonales pour inclure la « Cinquième Suisse ». Selon la Constitution révisée, les citoyennes et citoyens suisses établis à l’étranger obtiendraient le droit de vote sur les affaires cantonales, une mesure qui les rapprocherait à nouveau de leur région d’origine. Cette inclusion reconnaît la présence de la population suisse dans le monde entier et le lien durable qu’elle conserve avec les affaires cantonales.
Le gouvernement a toutefois veillé à préserver un équilibre essentiel entre centralisation et autonomie locale. Alors que le canton accorderait le droit de vote au niveau cantonal, chaque commune conserverait la possibilité de décider si les jeunes de 16 ans établis à l’étranger peuvent voter sur les affaires communales. Cette approche nuancée respecte la diversité politique des vallées grisonnes tout en établissant une règle commune pour la démocratie cantonale. Il s’agit d’une démarche législative complexe, destinée à favoriser l’inclusion sans empiéter sur les structures de gouvernance locales.
Le calendrier décisif jusqu’en 2027
Le temps presse et le calendrier est serré. Le parlement cantonal des Grisons devrait débattre de cette proposition de grande portée lors de sa session d’avril. Ce débat permettra d’en préciser les détails avant l’épreuve décisive, la votation populaire. Le gouvernement a fixé au 27 septembre la date à laquelle les électrices et électeurs auront le dernier mot sur cette révision constitutionnelle.
Si le corps électoral approuve cette révision partielle, les autorités mettront rapidement en œuvre les changements. Les dispositions constitutionnelles et légales révisées devraient entrer en vigueur en 2027. Ce délai serré souligne l’urgence aux yeux du gouvernement. Il n’y a pas de temps à perdre : la voie est ouverte à une transition rapide entre la législation et sa mise en œuvre, de sorte que le prochain cycle électoral pourrait être très différent du précédent.
Donner suite à un mandat parlementaire clair
Cette réforme n’est pas le fruit d’une décision administrative soudaine, mais la mise en œuvre d’un mandat clair. La volonté d’abaisser l’âge du droit de vote découle directement d’une décision du parlement cantonal, qui avait approuvé cette mesure à une nette majorité en février 2022. Depuis près de quatre ans, la dynamique s’est renforcée et le gouvernement concrétise aujourd’hui cette promesse législative.
En respectant ce mandat, l’exécutif confirme la volonté du législatif et, par extension, celle des représentantes et représentants du peuple. La cohérence entre la décision parlementaire de 2022 et le projet de révision constitutionnelle actuel renforce la légitimité de la proposition. Alors que le canton se prépare à la votation de septembre, la nette majorité qui a lancé ce processus témoigne avec force de la volonté politique en faveur de ce changement historique.