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Swiss Observer

À Genève, des scientifiques remettent en question la théorie des Jupiters chauds

Des chercheurs de l’Université de Genève présentent des résultats inédits qui remettent en question les théories établies sur les systèmes planétaires abritant des Jupiters chauds

À Genève, des scientifiques remettent en question la théorie des Jupiters chauds
AISWI swissinfo.ch

Dans le cadre d’une découverte inédite qui remet en question des théories astronomiques établies de longue date, des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE) ont identifié un système planétaire unique qui défie notre compréhension actuelle des Jupiters chauds. Ces géantes gazeuses massives, semblables à Jupiter dans notre système solaire, mais en orbite extrêmement proche de leur étoile, étaient traditionnellement considérées comme isolées. Le système WASP-132 apporte toutefois des éléments convaincants qui remettent en question cette hypothèse.

La découverte du système WASP-132

Situé à environ 400 années-lumière de la Terre, le système WASP-132 présente une configuration planétaire sans précédent. Sa planète WASP-132b, un Jupiter chaud, représente 41 % de la masse de Jupiter et boucle une orbite autour de son étoile en seulement sept jours et trois heures. Plus étonnant encore, les chercheurs ont découvert une super-Terre six fois plus massive que la Terre, en orbite encore plus proche de l’étoile, avec une année qui ne dure que 24 heures et 17 minutes. Le système comprend également deux géantes plus éloignées : l’une avec cinq fois la masse de Jupiter et une naine brune encore plus distante.

Des théories existantes remises en question

Cette découverte remet fondamentalement en question les théories actuelles sur la formation et l’évolution des systèmes planétaires. Selon les modèles traditionnels, lorsque les planètes géantes migrent vers leur étoile, elles incorporent ou éjectent les autres planètes qui se trouvent sur des orbites plus intérieures. Or, la configuration stable du système WASP-132, où plusieurs planètes coexistent à différentes distances orbitales, laisse penser que le processus de migration est plus nuancé et plus « doux » que ce que l’on supposait jusqu’ici. Cette découverte ouvre de nouvelles pistes pour comprendre la formation et l’évolution des systèmes planétaires.

L’impact de la recherche suisse

Dirigée par le Département d’astronomie de l’Université de Genève, cette recherche révolutionnaire illustre le rôle de premier plan que joue la Suisse dans le domaine des exoplanètes. Les travaux du professeur François Bouchy et de la chercheuse Solène Ulmer-Moll, publiés dans Astronomy & Astrophysics, font avancer de manière importante notre compréhension des systèmes planétaires. L’étude, lancée en 2006, témoigne de l’engagement à long terme des institutions suisses à repousser les limites de la recherche astronomique et à remettre en question les paradigmes scientifiques établis.