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Swiss Observer

Le bilinguisme français-allemand fait grimper les salaires en Suisse

Une étude de l’Université de Genève révèle que les professionnels de Suisse romande qui parlent aussi allemand gagnent 10 à 20 % de plus que leurs homologues monolingues.

Le bilinguisme français-allemand fait grimper les salaires en Suisse
AILe News

Une étude novatrice de l’Université de Genève a mis en évidence un avantage économique important pour les professionnels bilingues des régions francophones de Suisse. Selon la recherche, les personnes qui maîtrisent le français et l’allemand peuvent espérer gagner entre 10 et 20 % de plus que leurs homologues monolingues, ce qui souligne les avantages concrets de la diversité linguistique sur le marché du travail suisse.

Le paysage linguistique en Suisse

La Suisse possède un paysage linguistique unique, composé de quatre langues nationales : l’allemand, le français, l’italien et le romanche. Les personnes germanophones représentent environ 65 % de la population, ce qui fait de l’allemand la langue dominante de la Confédération. Cette diversité linguistique est à la fois source de défis et d’opportunités dans le monde professionnel, en particulier pour les personnes parlant des langues minoritaires qui souhaitent faire progresser leur carrière.

Éducation et apprentissage des langues

Le système éducatif suisse accorde une grande importance à l’apprentissage des langues, en particulier dans les régions francophones, où l’allemand est une matière obligatoire. À 18 ans, les élèves ont généralement suivi sept années de cours d’allemand. Toutefois, selon François Grin, spécialiste du plurilinguisme, le niveau de langue atteint est souvent inférieur aux attentes des employeurs, ce qui met en évidence l’écart entre les résultats de l’enseignement et les besoins du marché.

Besoins et débouchés sur le marché du travail

La demande de professionnels bilingues français-allemand constitue un avantage distinct sur le marché du travail. Les secteurs de la santé, de la gastronomie et de la vente accordent une importance particulière aux compétences en allemand. Selon le bureau genevois d’Adecco, les personnes candidates bilingues sont si rares que les recruteurs s’efforcent en permanence de constituer un vivier de personnes parlant français et allemand. Cette pénurie est particulièrement marquée dans les multinationales et les entreprises actives dans plusieurs régions linguistiques de Suisse.

L’apprentissage des langues gagne du terrain

Pour répondre aux besoins du marché, l’apprentissage de l’allemand a fortement progressé en Suisse romande. Swiss Language Group, un important réseau d’écoles de langues, indique que les recettes des cours d’allemand ont doublé depuis 2017, passant de 15 % à 30 %. Cette tendance témoigne de la prise de conscience croissante des personnes en recherche d’emploi quant aux avantages économiques du bilinguisme français-allemand, ainsi que de leur volonté d’améliorer leurs perspectives professionnelles.