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Swiss Observer

Les victimes de Crans-Montana entre commémoration de l’anniversaire et processus d’indemnisation

À l’approche du premier anniversaire de l’incendie de Crans-Montana, le Valais prépare une cérémonie commémorative tandis que le Parlement fait avancer un mécanisme d’indemnisation pouvant atteindre 20 millions de francs.

Les victimes de Crans-Montana entre commémoration de l’anniversaire et processus d’indemnisation
AISWI swissinfo.ch

41 personnes ont perdu la vie et 115 ont été blessées, et le Valais se prépare à commémorer le premier anniversaire de l’incendie de Crans-Montana par une cérémonie publique, alors que le processus d’indemnisation n’est pas encore achevé.

La cérémonie commémorative aura lieu le 1er janvier 2027 à 10 h dans la salle de sport du Centre des congrès de Crans-Montana. Le canton du Valais organise l’événement avec la commune de Crans-Montana, qui fait partie du Haut-Plateau. Les proches des personnes décédées, les survivants blessés et leurs familles seront invités. Les équipes de secours et le personnel médical seront également représentés.

Le calendrier associe le souvenir public à une décision politique majeure. Le jour même où le Valais se prépare à réunir familles et autorités, le Parlement fait avancer un mécanisme susceptible de contribuer à régler les demandes sans des années de procédures civiles. Le Conseil national a approuvé la clause concernée par 106 voix contre 87, avec quatre abstentions. La mesure avait déjà été adoptée par le Conseil des États, mais elle doit y retourner afin de résoudre un dernier désaccord.

Pour les familles, les deux démarches répondent à des besoins différents. La cérémonie rend hommage aux personnes touchées et offre un lieu de mémoire commun. Le projet d’indemnisation vise à ouvrir une voie vers un règlement financier.

La cérémonie rendra hommage aux victimes et aux personnes qui leur ont porté secours

La cérémonie du 1er janvier réunira dans un même lieu les familles des victimes, les survivants et les secouristes. Le Valais indique que ce rassemblement rendra publiquement hommage aux personnes touchées et inscrira la tragédie dans la mémoire collective de la région.

Christophe Darbellay, président du gouvernement valaisan, a déclaré que l’objectif était de montrer que les victimes et leurs proches n’avaient pas été oubliés. Il a reconnu qu’une reconnaissance publique ne peut rendre la vie aux personnes décédées ni effacer les conséquences pour les survivants. L’événement aura donc une dimension à la fois civique et personnelle, les proches et les personnes blessées étant au centre de la cérémonie.

Des représentants des autorités fédérales, cantonales et communales, ainsi que des responsables étrangers, devraient être présents. Le canton entend également profiter de l’occasion pour remercier les personnes intervenues lors de l’incendie et celles qui ont continué à apporter des soins. Cette attention reflète les conséquences durables de la catastrophe, qui comprennent les traitements médicaux et la réadaptation, ainsi que le deuil.

La cérémonie constitue la première étape d’un processus de mémoire plus large. Une organisation indépendante de la société civile pilote les travaux en vue d’un mémorial permanent, mais les sources ne précisent ni sa conception, ni son emplacement, ni sa date d’achèvement. Christophe Darbellay a décrit la mémoire comme une responsabilité publique partagée. Pour les familles, la forme de ce mémorial aura son importance, car elle déterminera la manière dont la tragédie sera évoquée après la fin des événements commémoratifs de l’anniversaire.

Le Parlement fait avancer une voie d’indemnisation de 20 millions de francs

Jusqu’à 20 millions de francs pourraient contribuer à indemniser les personnes touchées par l’incendie. Le Conseil national a approuvé une disposition qui permettrait à la Confédération d’apporter une contribution supplémentaire aux accords conclus dans le cadre de discussions en table ronde.

Ces discussions doivent réunir les victimes, leurs proches, les compagnies d’assurance, d’autres parties susceptibles d’être tenues pour responsables et les autorités publiques. L’objectif annoncé est de parvenir à un règlement extrajudiciaire permettant d’éviter de longues procédures civiles. L’argent de la Confédération serait donc intégré aux indemnisations négociées, plutôt que versé automatiquement à chaque victime.

Cette distinction est importante. Les sources disponibles ne définissent ni barème, ni critères d’éligibilité, ni calendrier pour les versements individuels. Elles ne précisent pas non plus comment la contribution maximale serait répartie entre les familles endeuillées, les survivants blessés et les autres personnes touchées par l’incendie. L’utilité concrète du mécanisme dépendra des négociations et de la teneur définitive de la législation fédérale.

Le vote du Parlement montre que la proposition reste contestée sur le plan politique. Le Conseil national l’a approuvée par 106 voix contre 87, avec quatre abstentions. Le projet retourne maintenant au Conseil des États pour régler un point de désaccord. Tant que cette étape n’est pas achevée, le cadre n’est pas définitif. Les familles sont donc confrontées à un processus d’indemnisation dont le plafond financier est clair, mais dont les modalités restent à définir.

La responsabilité, les critères d’éligibilité et le calendrier restent à préciser

Les questions juridiques restent ouvertes à l’approche de l’anniversaire. Le Parlement a approuvé un cadre pour des indemnisations négociées, mais les sources ne désignent pas les parties qui seraient finalement responsables de l’incendie et n’expliquent pas comment la responsabilité sera établie.

Les tables rondes proposées doivent réunir les assureurs, les autorités et d’autres parties responsables. Cette formulation laisse plusieurs questions pratiques à régler lors de la prochaine étape : quelles demandes seront recevables, comment la responsabilité sera évaluée, quelle sera la participation des assureurs et comment une éventuelle contribution fédérale s’articulera avec d’autres paiements. Les sources ne précisent pas non plus si l’acceptation d’un accord empêcherait une personne de poursuivre d’autres démarches civiles.

La procédure parlementaire comporte elle aussi un point encore irrésolu. L’approbation du Conseil national ne met pas fin à l’examen du projet, puisque la mesure doit retourner au Conseil des États. Les informations fournies pour cet article ne précisent ni la disposition contestée ni le calendrier d’un accord.

Ces incertitudes façonneront les attentes des familles et des survivants. Une voie négociée pourrait réduire la durée et le coût des procédures civiles, mais elle ne peut, à elle seule, établir les faits de la tragédie ni régler les questions de responsabilité. La réadaptation des personnes blessées et le travail de longue haleine des familles se poursuivront parallèlement à ces décisions juridiques. Le Valais commémorera l’anniversaire tandis que la Suisse continuera à définir les formes que pourrait prendre la réparation.

Après l’anniversaire, les décisions difficiles resteront à prendre

La Suisse abordera 2027 avec, en parallèle, le travail de mémoire et celui des indemnisations. La cérémonie de janvier offrira au Valais un moment public pour rendre hommage aux 41 personnes décédées, aux 115 personnes blessées et aux personnes intervenues lors de l’incendie. Le mécanisme d’indemnisation proposé pourrait offrir aux familles et aux survivants une voie vers des accords financiers hors des tribunaux.

Aucune de ces deux démarches n’est achevée. Le processus de mémoire se poursuivra après l’anniversaire avec le mémorial permanent prévu. Le cadre d’indemnisation doit encore être soumis au Conseil des États pour régler le désaccord parlementaire restant. Ensuite, les négociations devront déterminer le fonctionnement des tables rondes dans chaque cas.

Pour la politique publique suisse, cet épisode met à l’épreuve la manière dont les institutions réagissent après une catastrophe ayant fait de nombreuses victimes. Un canton peut organiser des commémorations et témoigner sa solidarité. Le Parlement peut mettre en place un cadre financier. Les questions de responsabilité, de preuve et de préjudice individuel nécessitent toutefois des procédures qui n’ont pas encore été décrites dans les documents approuvés.

Le premier anniversaire sera donc à la fois une cérémonie et une étape d’un processus en cours. Les familles se réuniront à Crans-Montana avec les autorités, les secouristes et les personnes qui ont prodigué des soins. En dehors de la salle, le Parlement et les parties concernées par les indemnisations devront encore transformer un plafond financier et un vaste projet de négociation en décisions concrètes.