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Bâle bat un record touristique vieux de 90 ans à l’occasion de l’Eurovision
Le Concours Eurovision de la chanson fait grimper le taux d’occupation des hôtels bâlois à des niveaux historiques, avec plus de 150 000 nuitées en mai, un record depuis 1934.

Bâle a pulvérisé un plafond touristique qui résistait depuis près d’un siècle. Dans une impressionnante démonstration de son attrait culturel, la ville a enregistré 150 854 nuitées en mai 2025, un chiffre inédit depuis l’avant-guerre, en 1934. Il ne s’agit pas d’une simple hausse statistique, mais d’une envolée historique qui redéfinit la capacité de la ville à accueillir le monde entier. L’Office de la statistique a confirmé mardi que cet afflux représentait une solide hausse de 8,4 % sur un an, signe d’un renouveau complet du secteur hôtelier.
La force motrice de cette envolée sans précédent était évidente : le Concours Eurovision de la chanson (ESC). Alors que le chanteur autrichien JJ remportait la victoire, Bâle signait un triomphe économique. La ville s’est transformée en un centre névralgique de l’activité internationale, prouvant que ses infrastructures pouvaient résister à une forte pression et en tirer parti. Après des chiffres stables en avril, les nuitées ont bondi de 22 % en mai par rapport au mois précédent, démontrant l’impact immédiat et considérable de l’accueil d’un événement mondial de premier plan. Bâle n’est plus seulement un joyau culturel, elle s’impose comme une place forte des événements en Europe.
L’envolée économique de l’Eurovision
Le Concours Eurovision de la chanson n’a pas seulement apporté de la musique, il a aussi provoqué une vague économique. Durant la période clé de l’événement, du 10 au 17 mai, la ville a enregistré pas moins de 40 414 nuitées. L’intensité de la demande a poussé l’exploitation des hôtels à ses limites. Le 17 mai, jour de la finale, le taux d’occupation a atteint un niveau critique de 89 %, laissant pratiquement toutes les chambres occupées dans les 62 établissements ouverts de la ville.
Même le taux moyen net d’occupation des chambres durant la semaine de l’événement est resté élevé, à 77 %, preuve de l’attrait durable du concours au-delà de la soirée de la finale. Le recul après l’événement a toutefois été tout aussi spectaculaire : le taux d’occupation a chuté à 42 % dès le lendemain, illustrant clairement le fonctionnement de l’« économie événementielle ». Cette volatilité souligne l’ampleur de l’affluence liée à l’ESC. Le taux d’occupation moyen pour l’ensemble du mois s’est établi à 70 %, soit dix points de pourcentage de plus que l’année précédente. Bâle ne s’est pas contentée d’accueillir un spectacle, elle a réalisé une véritable prouesse logistique dans le domaine du tourisme de masse.
La convergence de méga-événements
Si le spectacle étincelant de l’Eurovision a fait la une, la convergence stratégique de plusieurs grands événements a alimenté cette flambée touristique. Ces chiffres historiques ne sont pas dus à la seule musique. En mai, Bâle s’est muée en pôle multisectoriel, accueillant à la fois l’élite internationale des sciences de la vie à l’occasion du Swiss Biotech Day, les nombreux visiteurs du salon Fantasy Basel et les participants au Festival européen des chœurs de jeunes.
Cette conjonction idéale de culture, de science et de culture populaire a généré une demande soutenue et animé la ville tout au long du mois. Elle témoigne de la polyvalence de Bâle : la ville a su répondre aux exigences logistiques d’un phénomène majeur de la culture populaire tout en préservant sa réputation de centre de l’industrie de pointe et des beaux-arts. Cette diversité est essentielle. Miser sur un seul événement est risqué, mais la stratégie bâloise de mai montre qu’un écosystème solide, où se rencontrent des secteurs variés comme les biotechnologies, la culture fantastique et le chant choral, peut faire culminer l’économie locale à des niveaux records.
L’afflux international domine le profil des visiteurs
Les visiteurs internationaux ont dominé les chiffres, prouvant que l’attrait de Bâle a dépassé les frontières nationales. Sur les plus de 150 000 nuitées, 89 983 ont été réservées par des visiteurs étrangers, contre 60 871 par des hôtes suisses. Cette proportion met en évidence un changement important : Bâle conquiert activement le marché international. La visibilité mondiale de l’Eurovision a servi de phare et attiré près de 90 000 voyageurs étrangers sur les rives du Rhin en un seul mois.
Cette répartition de 60/40 en faveur des visiteurs internationaux témoigne du retour d’une confiance dans les voyages à l’échelle mondiale et positionne la Suisse non seulement comme une destination pittoresque, mais aussi comme un lieu de premier plan pour accueillir des événements. Une fois retombée la poussière de ce mois record, le défi pour Bâle sera de fidéliser ces visiteurs. La ville saura-t-elle transformer ces participants venus pour un événement en touristes de retour ? Les données laissent penser que l’intérêt est là. Ses infrastructures ayant été mises à l’épreuve et ayant fait leurs preuves, Bâle est prête à tirer parti de cet élan et à faire d’un mois record une nouvelle référence pour le tourisme suisse.