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Swiss Observer

Des descendants d’Argentins lancent une pétition pour les droits à la citoyenneté suisse

Des milliers de descendants d’émigrés suisses en Argentine demandent, par voie de pétition, des droits à la citoyenneté, mettant en lumière les lacunes dans sa transmission d’une génération à l’autre.

Des descendants d’Argentins lancent une pétition pour les droits à la citoyenneté suisse
AISWI swissinfo.ch

Des milliers de descendants d’émigrés suisses en Argentine ont lancé une importante campagne de pétition pour faire valoir leurs droits à la citoyenneté hérités de leurs ancêtres. Ce mouvement met en évidence les préoccupations croissantes liées aux lacunes dans la transmission de la citoyenneté d’une génération à l’autre, qui ont laissé de nombreuses personnes se sentir coupées de leur héritage suisse. Cette initiative citoyenne est née lorsque des familles concernées ont découvert qu’elles avaient perdu leur citoyenneté suisse à leur insu, en raison de délais d’enregistrement non respectés et de difficultés de communication historiques.

Le cadre juridique de la citoyenneté suisse

La citoyenneté suisse repose sur le principe du ius sanguinis, selon lequel elle se transmet par filiation, quel que soit le lieu de naissance. Des exigences strictes en matière d’enregistrement prévoient toutefois que les personnes doivent s’inscrire auprès des autorités suisses avant l’âge de 25 ans, contre 22 ans en 1958, afin de conserver leur citoyenneté. Une fois cette chaîne de transmission rompue, il devient de plus en plus difficile pour les générations suivantes de récupérer la citoyenneté. Le système actuel exige des personnes concernées qu’elles vivent en Suisse pendant trois ans pour retrouver leur citoyenneté, ce qui représente d’importantes difficultés pratiques et financières pour de nombreux résidents argentins.

L’histoire de la famille Kunz

Le cas de Dylan Kunz et de son père Ruben illustre les difficultés rencontrées par de nombreux descendants de Suisses. Bien que leurs arrière-grands-parents soient originaires des cantons de Soleure et de Thurgovie et qu’ils aient des oncles de nationalité suisse, ni Dylan ni son père ne possèdent la citoyenneté suisse. L’histoire de la famille montre comment les difficultés de communication de l’époque en Argentine, où le courrier était autrefois distribué à cheval et en charrette, ont empêché des documents essentiels à l’enregistrement de parvenir à l’ambassade de Suisse. En 2021, la famille a appris avec stupeur que Ruben avait perdu sa citoyenneté, alors qu’elle s’était toujours fièrement considérée comme suisse.

Obstacles et difficultés

Les obstacles auxquels se heurtent les descendants de Suisses en Argentine sont multiples. Outre la perte initiale de la citoyenneté en raison de délais d’enregistrement non respectés, les démarches pour la rétablir présentent d’importantes difficultés. L’obligation de vivre trois ans en Suisse est particulièrement difficile à satisfaire, en raison des contraintes financières et des difficultés à obtenir un permis de travail. La situation est encore compliquée par l’effet de « dépendance en chaîne » : la perte de la citoyenneté par une génération crée un obstacle permanent pour tous ses descendants, à moins que la situation ne soit réglée par des voies juridiques spécifiques.

Les prochaines étapes

Le mouvement de pétition constitue une étape essentielle pour corriger ces lacunes historiques du droit suisse de la citoyenneté. Alors que des milliers de descendants se mobilisent pour faire reconnaître leur héritage suisse, la campagne soulève d’importantes questions sur la souplesse des lois sur la citoyenneté dans un monde toujours plus mondialisé. Le mouvement réclame des réformes qui tiendraient compte des difficultés de communication historiques et offriraient aux descendants légitimes d’émigrés suisses des démarches plus accessibles pour rétablir leur citoyenneté.