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Swiss Observer

Les remontées mécaniques suisses en hausse malgré la météo de juillet

Les exploitants des remontées mécaniques enregistrent une hausse de 9 % du nombre de passagers malgré une météo difficile, avec des écarts importants entre les régions.

Les remontées mécaniques suisses en hausse malgré la météo de juillet
AISWI swissinfo.ch

Les transports de montagne suisses font preuve d’une remarquable résistance. Malgré un mois de juillet maussade, marqué par une chute des températures et des pluies qui ont détrempé les vallées, les exploitants de remontées mécaniques du pays ont enregistré une hausse de 9 % du nombre de passagers entre mai et juillet par rapport à 2024. Il ne s’agit pas seulement de tenir bon, mais de faire preuve d’une résistance remarquable face aux caprices de la nature.

Les chiffres publiés aujourd’hui par l’Association suisse des entreprises de remontées mécaniques (SBS) dépeignent une branche qui refuse de s’arrêter. Si le septième mois de l’année a entraîné une baisse marquée de 3 % du trafic en raison des conditions météorologiques défavorables, la forte dynamique du début de l’été a suffi à maintenir le bilan de la saison dans le vert. Les données confirment que l’attrait des Alpes suisses reste irrésistible auprès des visiteurs suisses et étrangers, même lorsque le ciel se couvre. Cette réussite nationale masque toutefois une situation contrastée, où la géographie dicte le destin.

Les sommets de l’Ouest dominent : Vaud et Fribourg en tête

La véritable histoire de la saison tient aux écarts marqués entre les régions. Les Alpes vaudoises et fribourgeoises surclassent largement les autres, avec une hausse spectaculaire de 27 % du nombre de passagers par rapport à 2024. Cette croissance fulgurante fait de la Suisse occidentale la grande gagnante incontestée de la saison estivale actuelle.

Non loin derrière, l’Oberland bernois poursuit sa progression avec une solide hausse de 14 %, tandis que le Tessin et le Valais affichent des augmentations respectives de 8 % et 6 %. Ces régions ont su tirer parti de chaque éclaircie, attirant des foules désireuses de fuir les régions de plaine. Ces différences suggèrent que les touristes choisissent leurs destinations de manière plus stratégique, en privilégiant les régions qui offrent des attractions particulières ou bénéficient peut-être de microclimats légèrement plus favorables lorsque la météo est instable.

Stagnation à l’Est : les Grisons peinent à prendre de l’altitude

À l’ouest, on se réjouit, tandis qu’à l’est, la réalité est plus préoccupante. Les Grisons sont à l’arrêt, avec une croissance nulle par rapport à l’an dernier. La situation est encore plus alarmante si on la compare à la moyenne à long terme : la région affiche un recul important de 10 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Cette stagnation contraste fortement avec l’essor observé ailleurs. Alors que la Suisse centrale enregistre une hausse de 42 % par rapport à la moyenne quinquennale, les Grisons sont confrontés à un recul considérable. Ce décalage soulève des questions urgentes sur l’attrait actuel de la région, ou sur sa vulnérabilité aux conditions météorologiques particulières qui ont marqué le mois de juillet. Tandis que les autres cantons prennent de l’avance, le grand canton de l’Est reste pour l’instant à quai.

Des records pulvérisés : le boom de l’après-pandémie

Le contexte est essentiel, et une perspective à long terme révèle un secteur en plein essor. Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, le nombre national de passagers a bondi de 27 %. L’Oberland bernois se distingue particulièrement sur cette période, avec une hausse impressionnante de 61 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Il convient toutefois de nuancer cet enthousiasme. Cette comparaison inclut les années difficiles de la pandémie, durant lesquelles les restrictions et les confinements ont artificiellement fait baisser les chiffres. Cette « croissance » correspond en partie à un retour à la normale, mais l’ampleur du rebond, en particulier à Berne et en Suisse centrale, laisse penser que l’on dépasse désormais le stade de la reprise pour entrer dans une nouvelle ère de tourisme alpin à fort volume. Les montagnes ont non seulement repris leurs activités, elles n’ont jamais été aussi fréquentées.

Perspectives : de grands espoirs pour un automne doré

La branche tourne désormais son regard vers l’avenir. « La saison estivale montre à quel point la branche dépend de la nature et des conditions météorologiques », reconnaît Berno Stoffel, directeur de la SBS. L’ambiance reste toutefois déterminée. Le secteur mise sur une fin d’année en force.

Berno Stoffel se montre optimiste pour la seconde moitié de la saison. « L’expérience montre que, si la météo est favorable, on peut s’attendre à accueillir de nombreux visiteurs en montagne, même entre août et octobre. » Le mois de juillet instable étant désormais derrière eux, les exploitants sont prêts à profiter de l’affluence de la fin de l’été et de l’automne. Si le soleil est au rendez-vous, les records établis durant la première moitié de la saison pourraient bien être dépassés avant les premières chutes de neige.