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Swiss Observer

La rémunération de Sergio Ermotti, directeur général d’UBS, atteint 14,9 millions de francs en 2025

Selon le dernier rapport annuel de la banque, Sergio Ermotti, directeur général d’UBS, a perçu une rémunération totale de 14,9 millions de francs en 2025, soit autant que l’année précédente. Cette rémunération continue d’alimenter le débat sur les salaires des dirigeants dans le secteur financier suisse.

La rémunération de Sergio Ermotti, directeur général d’UBS, atteint 14,9 millions de francs en 2025
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14,9 millions de francs. C’est le prix exact de la direction du géant bancaire suisse UBS. Dans une annonce qui confirme son statut parmi les banquiers les plus influents d’Europe, le directeur général Sergio Ermotti a obtenu pour 2025 une rémunération identique à celle, très élevée, qu’il avait perçue en 2024. Alors que l’économie mondiale fait face à une forte volatilité, les hauts dirigeants d’UBS, sur la Paradeplatz, continuent de bénéficier d’une situation lucrative et stable.

Le Tessinois n’a subi aucune baisse de salaire, mais n’a pas non plus obtenu d’augmentation. En maintenant sa rémunération à près de 15 millions de francs, le conseil d’administration montre qu’il est satisfait du statu quo, tout en restant prudent face à une nouvelle hausse des montants. Dans un contexte où les enjeux sont élevés et où la stabilité bancaire est primordiale, UBS paie le prix fort pour assurer la continuité. Cette somme, qui équivaut à environ 19 millions de dollars, place Sergio Ermotti dans le haut du classement des dirigeants de banques à l’échelle mondiale. Elle reflète l’ampleur de la pression et des responsabilités liées à la conduite du géant financier suisse dans un environnement complexe après la fusion.

Risques et récompenses: une part variable considérable

Sur les 14,9 millions de francs de rémunération de Sergio Ermotti, la somme considérable de 12,1 millions n’est pas garantie: elle doit être gagnée. La ventilation de la rémunération du directeur général révèle une forte dépendance aux performances, la part variable dépassant largement le salaire fixe de 2,8 millions de francs. Il ne s’agit pas seulement d’un salaire, mais d’un pari à haut risque sur la réussite de la banque.

Cette répartition agressive de 80 % de rémunération variable contre 20 % de rémunération fixe souligne la réalité implacable des banques de premier plan: les récompenses sont astronomiques, mais étroitement liées aux résultats. La rémunération variable, composée de bonus annuels immédiats et de plans d’incitation à long terme différés, dépend entièrement des bénéfices de l’entreprise et de ses objectifs de chiffre d’affaires. Si la banque prospère, Sergio Ermotti en profite aussi. Cette structure vise à aligner la fortune personnelle du directeur général sur la santé à long terme de la banque, et donc, en théorie, à éviter les prises de risques inconsidérées qui ont historiquement marqué le secteur.

Inflation des rémunérations au conseil: les coûts de gouvernance augmentent

Alors que la rémunération de Sergio Ermotti est restée stable, les coûts de gouvernance d’UBS sont en hausse. Le dernier rapport annuel de la banque révèle que la rémunération totale du conseil d’administration a atteint 145,3 millions de francs, contre 143,6 millions l’année précédente. Cette hausse, même modeste, illustre le coût croissant de la surveillance à une époque de contrôle réglementaire intense.

Pour gérer un géant comme UBS, il faut un conseil d’administration expérimenté et suffisamment bien rémunéré pour attirer et fidéliser les meilleurs talents internationaux. Toutefois, alors que la facture totale du conseil approche les 150 millions de francs, les actionnaires comme les analystes examineront de près le rendement de cet investissement. Dans la place financière suisse, où l’efficacité est une véritable religion, la hausse des frais généraux au sommet de la hiérarchie d’une entreprise passe rarement inaperçue.

Le verdict suisse: les salaires des dirigeants sous la loupe

En Suisse, les salaires à huit chiffres ne sont jamais de simples chiffres: ils sont aussi des prises de position politiques. La rémunération de 14,9 millions de francs de Sergio Ermotti devrait relancer le débat récurrent sur les salaires des dirigeants dans un pays qui valorise autant la cohésion sociale que la réussite capitaliste. Le secteur bancaire défend ces montants, jugés nécessaires pour rivaliser avec Wall Street, mais l’ampleur de ces fortunes reste un sujet sensible.

Alors qu’UBS continue de dominer le paysage national, l’écart entre les dirigeants et le salarié suisse moyen reste un indicateur déterminant de l’opinion publique. Les initiatives «contre les rémunérations abusives» du passé résonnant encore dans les couloirs politiques de Berne, UBS doit avancer avec prudence. La banque apporte de la stabilité, mais ces chiffres montrent qu’elle a un prix élevé. La question pour 2026 reste ouverte: les performances continueront-elles de justifier ces rémunérations?